Viens Seigneur Jésus

Viens Seigneur Jésus

C’est la nuit.

Tout autour de nous le dit.

La nature nous enserre de ténèbres, bien après notre lever et bien avant notre coucher. Et quand le ciel se couvre, la nuit semble régner du matin au soir.  Même les illuminations qui tentaient en d’autres temps de faire oublier l’obscurité du moment nous abandonnent cette année. Nous sommes bel et bien plongés dans la nuit.

Le monde se couvre de guerres, de menaces de guerres, de tentions et bruits de guerre. La guerre tue les innocents et tue l’innocence de ceux qui s’y livrent. Des hommes, des femmes et des enfants fuient leurs pays et se heurtent à la mer, qui les engloutit quand nous ne leur ouvrons pas nos frontières. Et la pandémie a épuisé nos forces. C’est bel et bien la nuit sur le monde.

L’Eglise vit elle aussi sa nuit : scandales dont elle s’est rendue coupable : non pas les autres, quelques autres, les mauvais, mais nous tous qui sommes l’Eglise, coupables par nos silences, nos haussements d’épaules, nos puériles tentatives de nous décharger sur la presse de la culpabilité qui nous oppresse. Oui, nous avons péché comme nos pères. Et les fidèles nous quittent, lente hémorrhagie, et le corps se refroidit. Oui, c’est la nuit sur l’Eglise.

C’est la nuit aussi dans nos cœurs alourdis, engourdis, fatigués, déçus, encroûtés dans des habitudes rassurantes et dans des péchés apprivoisés, et la foi s’endort, et le cœur devient glacé.

Alors réjouissons-nous, relevons la tête : c’est la nuit qui L’appelle, comme la foi appelle la Fidélité, comme la misère appelle la Miséricorde, comme le désir appelle l’Amour. C’est la nuit la plus sombre qui désire le plus ardemment la Lumière: Viens, Seigneur Jésus!

Dans nos guerres et nos refus, dans nos églises désertées, viens dans nos cœurs à l’abandon. Viens Seigneur Jésus, car sans toi, nous périssons.

Valérie Maillard