P. Cantalamessa :
La « nuit obscure » de Mère Teresa Ă©tait une sorte de « martyre »
Le prĂ©dicateur de la Maison pontificale a commentĂ© la publication de lettres inĂ©dites, Ă dix ans de la mort de la bienheureuse, regroupĂ©es dans l’ouvrage « Mother Teresa : come be my light », sous la direction du père Brian Kolodiejchuk, postulateur de la cause de canonisation de la religieuse.
Dans une de ses lettres, Mère Teresa dit : « Il y a tant de contradiction dans mon âme, un profond dĂ©sir de Dieu, si profond qu’il fait mal ; une souffrance permanente, et avec cela le sentiment de ne pas ĂŞtre voulue par Dieu, rejetĂ©e, vide, sans foi, sans amour, sans zèle Le ciel n’a aucun sens pour moi : il m’apparaĂ®t comme un lieu vide ! ».
« Cette souffrance lancinante, qui donne le vide de Dieu, est le signe qu’il s’agit d’un phĂ©nomène positif » explique le père Cantalamessa.
« Il s’agit d’une prĂ©sence-absence, ajoute le prĂŞtre capucin : Dieu est prĂ©sent mais on ne le sent pas en soi ».
« Le fait que Mère Teresa ait pu rester des heures devant le Très Saint Sacrement, comme rapportent les tĂ©moins qui l’ont vue, presque enlevĂ©e si l’on pense dans quelles conditions elle se trouvait lĂ , cela est un martyre ! » souligne t-il.
« Cela est un vĂ©ritable martyre, parce que pour celui qui ne sent pas Dieu et sent ce vide, demeurer des heures immobile devant le Très Saint Sacrement, c’est vraiment se retrouver au milieu des flammes » ajoute t-il.
« Pour moi cela fait grandir Ă l’infini la figure de Mère Teresa, et ne la diminue en rien », a prĂ©cisĂ© le prĂ©dicateur.
« Les athĂ©es ’normaux’, communs, ne souffrent pas de l’absence de Dieu ; pour Mère Teresa, c’Ă©tait l’Ă©preuve la plus terrible qu’elle pouvait vivre ».
« Je crois que Mère Teresa a vraiment la stature des ’gĂ©ants’ dans la saintetĂ© chrĂ©tienne, justement aussi Ă cause de cette capacitĂ© de cacher ces phĂ©nomènes, de les vivre personnellement au plus profond de son coeur, peut-ĂŞtre, prĂ©cisĂ©ment en expiation de cet athĂ©isme diffus qui existe dans le monde d’aujourd’hui, parce qu’au fond, Mère Teresa a vĂ©cu de manière positive, avec foi, du cĂ´tĂ© de Dieu, cette existence comme si Dieu n’existait pas », affirme t-il.
La « nuit obscure », explique le père Cantalamessa, « est une chose très connue dans la tradition chrĂ©tienne ; peut-ĂŞtre de manière nouvelle, inĂ©dite sous la forme qu’a connue Mère Teresa ».
« Tandis que ’la nuit obscure de l’esprit’ de saint Jean de la Croix est un temps prĂ©paratoire Ă celui dĂ©finitif appelĂ© ’unitif’, pour Mère Teresa il semble qu’il s’agisse d’un Ă©tat stable, Ă un certain moment de sa vie, lorsqu’elle a lancĂ© cette grande oeuvre de charitĂ©, jusqu’Ă la fin ».
« Selon moi, ce prolongement de la ’nuit’ a Ă©galement un sens pour nous, aujourd’hui. Je crois que Mère Teresa est la sainte de l’ère mĂ©diatique, parce que cette ’nuit de l’esprit’ l’a protĂ©gĂ©e en l’empĂŞchant de devenir la victime des mĂ©dias, c’est-Ă -dire de s’Ă©lever », constate t-il.
« En effet, elle mĂŞme disait que face aux plus grands honneurs et aux acclamations de la presse, elle ne ressentait rien parce qu’elle vivait ce vide intĂ©rieur. Ainsi, c’Ă©tait une sorte de ’combinaison d’amiante’, pour traverser l’ère des medias ».
Source : Zenit
Père Nicolas Buttet
"Alors que Mère Teresa Ă©tait en adoration devant le Saint Sacrement, elle se penche soudain vers une soeur et lui demande : "Ce bout de carton rond et blanc devant vous, c’est quoi ? " Et la soeur de rĂ©pondre : " Ma Mère, c’est notre Seigneur JĂ©sus Christ". "Merci beaucoup ma soeur" a rĂ©pondu la bienheureuse.
Nicolas Buttet, dans son livre : "l’Eucharistie Ă l’Ă©cole des saints" ( fondateur de la communautĂ© Eucharistein )