Chers frères et sœurs, chers confrères, chers amis jeunes et moins jeunes,
Une Église vivante ne peut exister sans de bons prêtres et diacres, sans des religieuses et religieux priants, sans des familles ouvertes et généreuses. " Telle est la réponse que les organisateurs de ces journées d’ouverture de notre année des vocations donnent à la question : " Pourquoi cette nouvelle année des vocations ? "
Des appels inconnus sur le Natel
Comme beaucoup de gens aujourd’hui, moi aussi, j’ai mon Natel. Un outil fantastique. Pour certains indispensable. On peut téléphoner depuis n’importe où. On est atteignable n’importe quand. Et en plus, si on m’appelle, le numéro de téléphone de celui qui me cherche s’affiche sur le petit écran. Si j’ai le Natel en main, je peux décider de répondre ou d’attendre jusqu’au moment où l’autre raccroche. Si j’ai laissé mon Natel dans la voiture, pendant une séance ou une célébration, je peux lire, après coup, les numéros des appels reçus pendant le temps de mon absence. Et de nouveau, je peux décider de rappeler ces numéros ou non.
Il est vrai que certains documents ne sont pas affichés, mais je peux au moins lire sur le petit écran pour savoir si quelqu’un m’a cherché. Des fois, je peux deviner qui était celui qui m’avait appelé, et je peux essayer de le rappeler. Pas toujours...
Les appels du Seigneur
Cette image du Natel, et surtout la dernière situation me fait penser à l’histoire de la vocation de Samuel. "Le petit Samuel servait le Seigneur en présence d’Elie. La parole du Seigneur était rare en ces jours-là , la vision n’était pas chose courante." Ce jour-là , Elie et lui dit : Me voici, puisque tu m’as appelé. Celui-ci répondit : Je ne t’ai pas appelé. Retourne te coucher." Samuel était appelé une deuxième et une troisième fois. Mais seulement à la troisième fois, "Elie comprit que le Seigneur appelait l’enfant. Elie dit à Samuel : Retourne te coucher. Et s’il t’appelle, tu lui diras : Parle, Seigneur, ton serviteur écoute".
Une première chose que je retiens de ce récit est le constat suivant :"La parole du Seigneur était rare en ces jours-là ". Nous aussi, nous pensons aujourd’hui parfois que le Seigneur n’appelle que rarement. Que sa Parole n’est plus annoncée, ou très rarement seulement. Et pourtant, il appelle toujours, comme il a appelé le petit Samuel. Mais son appel n’est pas écouté, ou mal compris. Nous pensons, comme Samuel, que c’est quelqu’un d’autre qui nous appelle. Même Elie n’a compris qu’à la troisième fois que c’était le Seigneur. N’est-ce pas comme l’appel sur mon Natel sans indication de numéro : je ne sais pas qui a appelé, mais je sais que quelqu’un m’a appelé.
Mais à la troisième fois, Elie était sûr que c’était le Seigneur. Cela nous arrive aussi dans notre vie. Nous entendons un appel et nous sommes convaincus que c’est le Seigneur. C’est comme quand le numéro de téléphone s’affiche sur le petit écran du Natel. Nous pouvons le lire, et décider si nous voulons répondre à l’appel.
N’est-ce pas ainsi dans notre vie de chrétien ? Le Seigneur nous appelle : pas sur le Natel, pas avec des coups de téléphone, des lettres ou des Fax. Il nous appelle par la force de son Esprit, dans notre cÅ“ur, ou à travers les paroles et les gestes que notre prochain nous adresse : les parents d’abord, les enseignants et éducateurs, les prêtres, les amis, et d’autres encore...
Reconnaître les appels du Seigneur
Parfois, nous avons de la peine à reconnaître les appels du Seigneur, comme Samuel. Mais, avons-nous aussi un "Elie" à nos côtés, qui peut rendre attentif à l’appel du Seigneur : un prêtre spirituel, un véritable ami, une famille ?
Et si nous avons reconnu la voix du Seigneur, sommes-nous capables, sommes-nous prêts à répondre comme Samuel :"Parle Seigneur, ton serviteur écoute". Sommes-nous prêts à suivre l’appel du Seigneur ? Dans la vocation de prêtre, de religieux ou religieuse, de missionnaire dans les pays proches ou lointain.
Voilà les questions que nous voulons nous poser tout au long de cette année des vocations. Avec la grâce et la force du Saint-Esprit, nous voulons essayer de trouver les bonnes réponses. Nous voulons nous mettre à l’écoute du Seigneur, dans le silence, dans la prière et la méditation dans notre activité de tous les jours. Nous voulons aussi prier et travailler pour nos familles, nos communautés, nos paroisses, nos groupes de jeunes, pour qu’ils puissent reconnaître les appels du Seigneur, et aider les appelés à suivre cet appel, comme Samuel, et tant d’autres depuis, comme les martyrs saint Maurice et ses compagnons, comme tous les prêtres, religieux et religieuses de notre diocèse aujourd’hui l’ont fait.
Alors chers frères et sÅ“urs, chers membres des groupes vocations et tous ceux qui vous ont aidé, je vous remercie du fond du cÅ“ur d’avoir fait vôtre notre proposition d’une nouvelle année des vocations, d’avoir organisé ces deux journées de prière, d’écoute et de méditation. Je vous en félicite, vous avez accompli un travail merveilleux !
Et vous, les jeunes, je vous encourage à poursuivre vos efforts, à rester sur les ondes du Saint-Esprit, à écouter et à suivre l’appel du Seigneur, peu importe qu’il vous appelle à une vocation de baptisé convaincu ou à une vocation de ministre ordonné, ou encore à une vocation de vie consacrée.
Et vous, les parents et les familles, les grands-parents, soyez et restez des communautés de vie, des Eglises domestiques où peuvent grandir les vocations de vos enfants, non pas selon vos propres projets, mais selon la volonté de Dieu.
Et vous enfin, chers confrères dans le sacerdoce, dans le diaconat, dans la vie religieuse, vous mes sÅ“urs dans la vie consacrée, je vous invite à être des témoins heureux et rayonnants de la Bonne Nouvelle du Christ. Montrons aux familles, et surtout aux jeunes, qu’il vaut la peine de répondre à l’appel du Seigneur à une vie entièrement et exclusivement consacrée à Lui dans le sacerdoce, le diaconat ou l’engagement religieux.
Ensemble, et pendant toute cette année, prions le Maître de la moisson, d’envoyer des ouvriers à sa moisson.
Ainsi soit-il !