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"J’ai dĂ©sirĂ© donner un tĂ©moignage pour les jeunes. Je sentais dĂ©jĂ
cette rencontre en moi et dans mon cœur, au dedans. Simplement
donner les médailles me semblait un peu trop publicitaire. Il faut
tout donner. Il en est de mĂŞme lorsque nous allons Ă la Messe, il
doit en rester quelque chose !"

Témoignage
J’ai commencé à arbitrer en 1989 après avoir joué au ballon durant
différentes années. Jouer m’a toujours plu mais surtout pouvoir
rester avec les amis et partager des beaux moments ensemble. Le sport
m’a toujours aidé à me comparer avec moi même et avec les autres gens
et il m’a donné la possibilité de connaître de nouvelles personnes.
De joueur Ă arbitre
Après quelques années que je jouais au ballon, je me suis vite rendu
compte que ma carrière de joueur n’aurait pas de grand avenir. Il est
important de savoir connaître et comprendre comment exprimer les
propres grandes potentialités. J’ai tout de suite compris que j’étais
un joueur discret mais la balle n’allait pas toujours où je voulais. Je
tirais Ă droite et elle allait Ă gauche !
Et ainsi, un peu par jeu et un peu pour rire, j’ai raccroché mes
chaussures de joueur et j’ai commencé un nouveau défi qui m’a de
toute façon donné la possibilité de rester dans le monde du
football. Un ami ma demandé d’essayer et j’ai alors commencé cette
nouvelle aventure à laquelle aujourd’hui je suis vraiment beaucoup
liée. Depuis les premiers coup de sifflet, je me suis rendu compte
que cela était fait pour moi. Je m’amusais. Ca me plaisait aussi de
prendre des décision et de faire respecter les règles. L’arbitre est
vraiment celui qui devrait (et je répète il devrait, parce
qu’aujourd’hui il est devenu beaucoup plus difficile de faire respecter la
discipline sur le terrain de jeu) permettre aux joueurs de se mesurer
avec le plus grand respect.
Pour la politesse et le respect
Mais revenons au début. Après quelques matchs arbitrés, j’ai eu un
épisode désagréable : un spectateur, père d’un fils qui jouait dans
ce match de juniors, m’a insultĂ©. J’ai bien dit « de juniors » ! Grâce Ă
Dieu, j’ai oublié immédiatement et j’ai décidé de continuer ma
carrière. Aujourd’hui malheureusement, dans le football et le sport en
général et en quelques circonstances, on doit vivre avec ce mal
commun de l’impolitesse. C’est vraiment pour cela que lorsque
j’arbitre, j’essaie toujours de faire respecter les règles et de tout
faire pour qu’il y ait du respect et du propre copain et du propre
adversaire. Si nous voulons que le football et le sport redeviennent
un moment pour pouvoir se socialiser et s’amuser, il faut absolument
qu’il y ait un respect absolu des valeurs humaines. Respect pour soi-
mĂŞme et le respect vers notre prochain.
L’humilité
Rapidement je suis arrivé à arbitrer des matchs importants. Mes
décisions sur le terrain devenaient acceptées. Ce sont les joueurs qui
en acceptant mes décisions m’ont fait devenir un bon arbitre. Je
pourrais dire tranquillement qu’être un bon arbitre, si sur dix fois
que je siffle, neuf fois je viens moi-même sifflé, cela veut dire
qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Je pense qu’en tout ce
que nous faisons, nous ne devons pas et jamais nous permettre de
perdre l’humilité. Aussi quand on arrive aux hauts niveaux, soit dans
le sport ou dans la vie du travail, il faut toujours rester avec les
pieds bien sur terre parce qu’un jour tout ce que nous avons construit
pourrait finir et ce que resterait peut ĂŞtre bien peu.
Début sous la neige
Le 1er décembre 1996, j’ai fait mon début en Super League. Je m’en
souviens comme si c’était hier. Je suis arrivé à Saint Gall le jour
précédent le match et nous sommes allés visionner le stade. Sur le
terrain il y avait 30 cm de neige et j’ai pensé immédiatement que
mon début aurait été renvoyé. Le gardien du stade me dit de rester
tranquille et de bien dormir parce que le jour suivant le match
serait joué.
Le match a été joué. Ils ont déblayé simplement la surface de
réparation ! Ils ont fait les lignes en rouge et ils ont aplani la
neige dans le reste du terrain. Ca a été un début anormal mais tout est
bien allé. C’est cela la beauté du sport : souvenirs
inoubliables, expériences de vie, et parfois comparés avec des
situations beaucoup plus particulières. J’ai commencé à arbitrer avec
régularité en Super League. Tout de suite j’ai vu que beaucoup de
choses avaient changé : importance des langues, la pression, la
télévision, les journalistes, l’inspecteur qui jugeait ma
performance. Beaucoup de facteurs avec lesquels je n’étais pas habitué
encore à cohabiter. Tout de suite j’ai compris que c’était le moment
et que je devais m’engager si je voulais atteindre de hauts niveaux.
Cela n’était pas facile mais j’ai dépassé cette pression initiale en
alternant beaux et mauvais moments ; le peu d’expérience m’a fait
commettre des erreurs et j’ai alors compris que je devais me
retrousser les manches, me relever et continuer le chemin parcouru
jusque lĂ .
La solitude
Malheureusement quand nous nous trompons, nous sommes presque
toujours laissés à nous mêmes, seuls, et nous devons avoir la force
et la personnalité de comprendre tout seul comment nous reprendre et
oublier immédiatement les mauvais moments. Pour moi, tout ceci a été
possible grâce à la foi. Quand quelqu’un me demande quel moment fut
le plus mauvais de ma carrière, je vous assure que j’en ai eu, mais
je ne sais jamais que répondre. Je me rappelle seulement les beaux
moments. Les autres je les oublie rapidement. Si cela n’était pas
comme ca, je ne serais pas prĂŞt pour mon prochain engagement.
Arbitre international
En 1999, je suis devenu arbitre international. Autre grande
reconnaissance qui couronnait des années de sacrifices. Tout de suite
je me suis aperçu que les choses étaient en train de changer. La
comparaison avec le football international signifiait comprendre les
mentalités différentes de jeux, d’approche tactique et la manière
d’interpréter un match. L’anglais est devenu la langue officielle
dans mes cours et dans mes matchs à l’étranger. La communication est
une partie importante pour une bonne approche du match. J’ai toujours
cherché d’avoir un bon rapport avec les joueurs et surtout rester
toujours à leur même hauteur. Jamais trop autoritaire, dédramatiser
les situations difficiles et savoir admettre aussi ses propres
fautes. De cette manière il s’instaure un rapport excellent et il
devient plus facile de prendre les décisions. Et oui, décider. Un
arbitre qui ne décide pas et qui manque de courage ne réussirait
jamais Ă arbitrer aux hauts niveaux.

Dans l’élite
Après quelque années, je suis entré dans l’élite des arbitres
européens, avec des matchs fascinants, stades avec 60’000-70’000
spectateurs, nouvelles nations visitées, cultures différentes, nombres
incroyables de gens connus et un bagage d’expérience que toute la vie
je garderai en moi. En 2006 j’étais choisi comme un des neuf arbitres
européens pour participer à la plus grande compétition qui existe
au niveau sportif.
Au mondial
Le Mondial de football. Pour un arbitre comme pour
un joueur c’est la satisfaction la plus grande qu’il puisse
atteindre. Quand je le raconte j’ai encore de la peine à faire
comprendre aux gens les émotions par lesquelles j’ai passé. Aussi
ceux qui normalement ne suivent pas le sport, pendant un mondial,
deviennent passionnés de cet événement incroyable.
J’ai eu l’honneur d’arbitrer trois match. Espagne-Ukraine,
Angleterre-Suède et un huitième de final entre le Mexique et
l’Argentine gagné par cette dernière dans une rencontre passionnante
décidée dans les prolongations avec un des goals le plus beaux du
mondial.
Ca vous semblera étrange, mais une des choses les plus belles que je
me souvienne du mondial, c’était de voir des familles entières aller
au stade ensemble, et après la rencontre s’amuser et faire en
sorte que le sport puisse ĂŞtre un moment incroyable de socialisation.
J’ai profité de chaque minute de cette compétition spectaculaire, même
si je dois dire avoir eu beaucoup de pression en dirigeant mes matchs.
La prière et la foi
Pendant le mondial j’ai beaucoup prié. J’ai tout mis dans les mains
de DIEU et je lui ai demandé de me protéger et de me guider en tout.
Aujourd’hui dans un match à ces niveaux, il y a beaucoup d’intérêts.
Une faute de ma part peut compromettre l’élimination d’une équipe
d’une compétition. C’est pour cela qu’en connaissant mes limites
humaines, je me confie Ă Dieu.

Je suis complètement convaincu que
sans la foi je n’aurais jamais pu obtenir ces grandes satisfactions.
Humour
Je me rappelle un épisode très spécial. Dans mon premier match
arbitré, au moment du tirage aux sort, avec la monnaie en main j’ai
demandé aux deux capitaines Sevchenko et Casillas de choisir une des
deux faces. J’ai lançai la pièce, et pour la première fois dans ma
carrière plutôt qu’aller d’une face ou de l’autre, la monnaie est
tombée au sol de manière perpendiculaire. C’était un épisode où nous
avons souri et déchargé la grosse tension qui transpirait dans sur
nos visages.
L’Euro
Cela fait juste quelques mois que j’ai terminé le
championnat européen. J’ai encore eu la possibilité d’arbitrer la
compétition la plus importante au niveau Européen : Grèce - Suède,
Hollande - Roumanie et une demi-finale entre l’Allemagne et la
Turquie. Une autre grande expérience que je n’oublierai pas pour le
reste de ma vie. Quand j’arbitre je cherche toujours à m’amuser, et
c’est cela le message que j’essaie de transmettre aux joueurs et au
public qui suivent la rencontre.
En mai 2007, j’ai arbitré la finale de la coupe UEFA entre
l’Espaniol et Sevilla devant 70000 mille spectateurs. Un derby tout
espagnol qui a vu Sevilla gagner aux penaltys. J’ai toujours vécu mes
satisfactions avec le meilleur équilibre en jouissant de manière
contenue pour les succès, mais jamais en m’abattant pour les défaites.
Merci Ă Dieu
Je programme tout, mais je vis à la journée, et je ne fixe pas trop de
but. Je vis sereinement et je tâche de tirer le maximum de tout. Je
remercie Dieu pour ce que j’ai obtenu jusqu’à aujourd’hui.
Massimo Busacca, pour les Olympiades des Familles 14 septembre 2008.
