L’Eglise est missionnaire
L’Eglise est par nature « missionnaire ». Autrement dit, elle n’existe pas pour le confort des chrétiens : elle a été fondée pour annoncer l’Evangile à tous les hommes.
Annoncer l’Evangile est la responsabilité de tous les chrétiens. Mais certains baptisés se sentent plus particulièrement appelés à quitter leur pays pour se consacrer tout entiers à ce service, comme prêtres, religieux ou religieuses. D’autres s’engageront ici dans des milieux bien particuliers.
Pourquoi les missions lointaines ?
Pourquoi aller annoncer la Bonne Nouvelle à l’autre bout du monde, alors que tant de gens, dans nos pays et autour de nous, n’ont jamais entendu parler du Christ ? Pourquoi continuer à envoyer des "missionnaires", dans les anciens "pays de mission", alors que des Eglises locales y ont été fondées ? Des chrétiens posent parfois ces questions. Des réponses existent.
Les Apôtres n’ont pas attendu d’avoir terminé l’évangélisation de la Palestine pour aller ailleurs annoncer la Bonne Nouvelle. Par la suite, au cours des siècles, on retrouve toujours ce même dynamisme poussant des chrétiens à quitter leur pays, leur communauté d’origine, pour partir au loin annoncer l’Evangile. Soulignant ainsi combien cet élan missionnaire est vital pour l’Eglise.
Comme l’a rappelé le Concile Vatican II, chaque Eglise locale est solidaire de toutes les autres, et toutes sont responsables "ensemble" de la mission. Voilà pourquoi des missionnaires continuent à travailler au service des jeunes Eglises, dans le monde entier.
Certains apportent une présence chrétienne humble et discrète dans des pays à grande majorité musulmane, ou d’autres religions. Leur but n’est pas de "convertir", mais de faire grandir en chacun les valeurs évangéliques.
En retour, de plus en plus de prêtres originaires des jeunes Eglises viennent aider les Eglises d’Europe. Cet échange est un formidable enrichissement pour toute l’Eglise : le missionnaire grandit en découvrant une autre culture, et la communauté qui l’accueille s’enrichit d’un regard neuf et de manières de faire différentes.
La mission, c’est aussi chez nous
Jean-Paul II, dans Redemptoris Missio, rappelle que la mission ad gentes (vers les peuples) ne s’exerce pas seulement dans les pays et les peuples lointains, mais aussi chez nous par exemple dans les grandes cités où apparaissent des moeurs nouvelles et de nouveaux modèles de vie, de nouvelles formes de culture et de communication. La mission tente de rejoindre tous ceux qui sont loin du Christ et de l’Evangile.
Devenir missionnaire
Cette mission suppose le désir de s’insérer dans la culture d’un autre peuple pour lui annoncer Jésus Christ et y bâtir des communautés chrétiennes. Elle supose aussi la volonté de se mettre au service de tous, en particulier des plus pauvres.
La suite du Christ comme missionnaire conduit à « quitter son pays », ses racines humaines et culturelles. Quitter sa langue maternelle et apprendre une langue inconnue, ce n’est pas rien ! Il faut se dépouiller de ses propres manières de vivre, de faire, de penser, pour accueillir l’autre, l’"étranger".
Pour être missionnaire à l’extérieur, il faut une bonne santé, une foi éprouvée et le désir de communiquer. Accepter une vie simple et pauvre. Avoir l’amour de l’autre, différent de nous et qui a tant à nous apprendre. Il faut enfin avoir la conviction que l’Esprit-Saint agit le premier et que c’est Lui qui doit agir par nous. Une préparation solide est indispensable.
Quelques Instituts ont été fondés explicitement pour l’annonce de la Bonne Nouvelle au-delà de nos frontières. Les tâches proposées par ces Instituts à leurs membres sont très diverses selon les pays, les situations, les besoins et les compétences de chacun. Par ailleurs, des prêtres diocésains peuvent donner trois ou six ans de leur vie aux missions (on les appelle les "prêtres Fidei Donum").
Avant l’envoi en mission, les Instituts missionnaires assurent aux candidats une formation qui s’étend sur plusieurs années afin de les préparer à la vie de prière, au ministère apostolique et, pour certains, à la vie en communauté et à la consécration dans la vie religieuse.
Sur place, ces Instituts assurent aux jeunes missionnaires de bonnes conditions pour l’étude de la langue et l’initiation au pays, à son peuple, sa culture, ses traditions, dans le respect de ses richesses et de son originalité.
Servir comme laïc missionnaire
Tout chrétien peut décider de donner deux, trois ans, ou plus, de sa vie pour aider les Missions dans des tâches de pastorale, de développement, d’éducation. Habituellement, cet engagement se fait en lien avec un Institut missionnaire. En Suisse romande, "Voyage-partage", un service des Instituts missionnaires, donne la possibilité à des jeunes de vivre une expérience de quelques mois dans une communauté missionnaire.
Pour en savoir plus
Si la vie missionnaire vous attire, parlez-en à un(e) missionnaire que vous connaissez. Vous pouvez aussi vous adresser directement au GIAM ou au Centre Romand des Vocations
GIAM (Groupe inter-instituts d’animateurs missionnaires), Père Raphaël Deillon, Vignettaz 57, 1700 Fribourg, "Voyage-partage", CP 81, 1705 Fribourg 5.