Témoins de la présence du Père
Moine vient du grec "monos", qui veut dire "seul" : les premiers moines étaient des solitaires vivant à l’écart du monde. Poussés par l’Esprit, ils se retiraient dans les déserts pour y chercher Dieu, dans la prière et une vie austère et laborieuse.
Tout quitter pour Dieu
Moines et moniales quittent tout par amour : découverte bouleversante d’être aimé de Dieu et irrésistible désir de répondre à cet amour en se donnant tout à Lui. A cause du Christ et de l’Evangile, ils acceptent de tout perdre. Se donner, gratuitement, joyeusement !
Vie inutile, aux yeux des hommes, folie pour le monde ? Qu’importe !
Ils attestent par leur vie que tout vient du Père et retourne au Père. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Et le monde, et les hommes, auront toujours besoin d’amour.
Ecouter la Parole et la garder
Comme Marie, moines et moniales gardent la Parole de Dieu et la méditent en leur coeur. Parole écoutée et célébrée en communauté, accueillie et "ruminée" dans la prière personnelle et l’étude. Cette Parole pénètre au plus profond du cceur. Elle convertit, transfigure et renouvelle. La « lectio divina » est un trésor de la vie monastique. Grâce à cette persévérante fréquentation de la Parole, un jour, pour le moine et la moniale, tout deviendra passage, parole de Dieu.
N’avoir qu’un coeur et qu’une âme
Silence et solitude sont deux valeurs constantes de la vie monastique. Mais elles se vivent en communauté.
"Voyez comme ils s’aiment" : labeur et joie de toute une vie. S’accueillir différents comme une richesse, comme une chance. S’entraider sur ce chemin de croissance humaine et spirituelle, sans peur, sans rivalité, les yeux fixés sur Jésus cheminant avec ses apôtres.
Vie fraternelle, aux nuances variées selon la Règle de chaque Ordre, mais où les voeux de pauvreté, chasteté et obéissance sont des moyens forts pour un chemin de liberté. Lieu aussi d’un combat intérieur qui tend à purifier le « vieil homme » pour devenir une création nouvelle.
La vie monastique implique en général une stabilité dans un lieu : le monastère, entouré d’un espace délimité par une clôture. Fuite du monde ? Peur ? Certes non ! Mais lieu d’intimité où le coeur devient libre, "retrait" du monde qui fait éclater les replis égoïstes, qui débusque l’orgueil pour ouvrir tout l’être à la détresse des souffrants, aux interrogations des hommes d’aujourd’hui, à leurs joies et à leurs espérances.
Et toute cette vie frémissante est présentée, offerte à Dieu dans une intercession suppliante et confiante afin que beaucoup viennent à la lumière.
Dans une joyeuse vie de prière et de travail
Dire vie monastique, c’est dire vie de prière. Elle englobe tout, colore tout. Vivre en Présence de Dieu, c’est n’en pas sortir volontairement. Alors tout travail - gagne-pain nécessaire de la communauté et solidarité avec les travailleurs - se vit en union avec Dieu. Ne rien faire sans Lui, rien en-dehors de Lui. Demeurer en Lui. Paisible et joyeux !
Des temps forts de prière jalonnent les journées, parfois même les nuits :
l’Eucharistie quotidienne où toute la vie prend source et est offerte ;
l’Office chanté, louange au Père, communion avec tous les hommes ;
l’oraison, la méditation : prière silencieuse et personnelle, ressourcement, gratuité, pur don. De Dieu. Du priant.
Donnée traditionnelle de la vie monastique, l’accueil pratiqué sous des formes diverses traduit cette compassion qui habite le coeur du moine et de la moniale. Il ouvre un espace à tous les chercheurs de Dieu. Il est ce temps où ce qui "a été contemplé du Verbe de Dieu" peut être partagé.
Un itinéraire
On n’est pas moine ou moniale en revêtant un habit. On le devient peu à peu, de plus en plus.
Des étapes sont nécessaires :
contacts avec une communauté
temps de stage (=vérification réciproque de l’appel)
temps de recul dans son milieu de vie pour prendre la décision
postulat, noviciat
temps de voeux temporaires
engagement définitif.
Tels sont les premiers pas d’une longue histoire d’amour avec Dieu, aventure toujours nouvelle. Telle est la fidélité inébranlable de Dieu.
La vie érémique
Homme ou femme, l’ermite est un baptisé qui décide de consacrer toute sa vie à la louange de Dieu et au salut de l’humanité en vivant complètement à l’écart du monde. Dans le silence et la solitude, il mène une vie de prière et de pénitence assidue. Il travaille pour gagner sa vie et garde un lien visible avec la communauté chrétienne par sa communion avec l’évêque, devant qui il fait profession. Sa présence rayonnante attire souvent des personnes en quête de Dieu. Il peut arriver que cet appel à la vie érémitique mûrisse et se réalise après un temps de vie communautaire.
Pour en savoir plus sur la vocation monastique :
Vocations de mars 2000 présente les différents monastères féminins de Suisse-Romande. 4/95 et 1/96 : "Les religieuses et religieux apostoliques en Suisse romande". Présentation des communautés contemplatives, leur histoire, leur charisme, leur vie de prière, leur vie fraternelle et leur mission.
Voir aussi Patrice Favre : "Rencontres au monastère", avec les photos de Jean-Claude Gadmer. Editions Prier Témoigner, 1994. (Disponible au CRV au prix de 50.-).
Un(e) jeune qui souhaite approfondir un appel à la vie consacrée commencera par en parler à une religieuse, un religieux ou un prêtre qu’il connaît. Il peut aussi s’adresser au centre Romand des Vocations pour en savoir plus sur cette vocation, et vivre un discernement par un accompagnement. Le CRV propose chaque année des parcours de discernement pour les jeunes filles et les jeunes gens qui désirent approfondir un appel à la vie religieuse et cheminer avec d’autres.