Edito

Lors de chaque JMJ ont lieu des catĂ©chèses donnĂ©es par des Ă©vĂŞques : après un moment de louange, l’évĂŞque donne un enseignement suivi d’un temps de questions ; la rencontre se termine par la cĂ©lĂ©bration de l’Eucharistie prĂ©sidĂ©e par l’évĂŞque. Ces catĂ©chèses furent l’occasion pour une partie des suisses (...)

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Vocations religieuses

Les Jésuites
dimanche 20 janvier 2008.

Les JĂ©suites, l’un des fleurons des ordres religieux fondĂ© durant le 16ème siècle par Saint Ignace de Loyola connaissait de sĂ©vères troubles intĂ©rieures. Ils se sont rĂ©unis Ă  Rome pour une rencontre historique : Ă©lire un nouveau gĂ©nĂ©ral. Prions pour que le nouveau SupĂ©rieur GĂ©nĂ©ral P. Adolfo Nicolas soit pour toute la Compagnie et pour la sainte Eglise un rĂ©el renouveau dans une grande fidĂ©litĂ© Ă  la foi de l’Eglise catholique.

Le nouveau supérieur général des Jésuites est le P. Adolfo Nicolas, espagnol

Un spécialiste du Japon

ROME, Dimanche 20 janvier 2008 (ZENIT.org)

- Le nouveau prĂ©posĂ© gĂ©nĂ©ral des JĂ©suites est l’Espagnol Adolfo Nicolas, Ă©lu samedi 19 janvier, Ă  Rome, par la 35ème congrĂ©gation gĂ©nĂ©rale des JĂ©suites, après deux tours de scrutin. Ce spĂ©cialiste du Japon devient le 29e successeur du basque espagnol Ignace de Loyola.

AgĂ© de 71 ans, le P. Nicolas est originaire de Palencia. Il est entrĂ© au noviciat d’Aranjuez de la province de Tolède Ă  l’âge de 17 ans, en 1953.

Après une licence de philosophie à Madrid, il a fait ses études de théologie à Tokyo, où il a été ordonné prêtre à 30 ans, en 1967.

Il a ensuite complĂ©tĂ© ses Ă©tudes par une maĂ®trise en ThĂ©ologie Ă  l’UniversitĂ© pontificale GrĂ©gorienne de Rome.

Il est ensuite retournĂ© au Japon oĂą il a enseignĂ© la ThĂ©ologie systĂ©matique Ă  l’UniversitĂ© Sophia. Puis il a Ă©tĂ© directeur de l’Institut Pastoral de Manille (Philippines), avant de revenir Ă  Tokyo comme recteur du Scolasticat.

Il a également été Provincial de la Province du Japon (1993-1999).

Depuis 2004, il Ă©tait « ModĂ©rateur » de la ConfĂ©rence jĂ©suite d’Asie Orientale et d’OcĂ©anie.

Le P. Nicolas succède au P. Peter-Hans Kolvenbach, nĂ©erlandais, Ă  la tĂŞte de la Compagnie de JĂ©sus depuis 1983, et qui avait prĂ©sentĂ© sa dĂ©mission Ă  cette assemblĂ©e le 14 janvier. Il avait annoncĂ© sa dĂ©cision dès 2006, Ă  l’approche de ses 80 ans, bien qu’il ait Ă©tĂ© Ă©lu « Ă  vie », pour susciter un renouvellement.

Le P. Nicolas a Ă©tĂ© Ă©lu, souligne le site français de la Compagnie de JĂ©sus « lors d’une cĂ©rĂ©monie solennelle après quatre jours de prière et de consultations » des 216 Ă©lecteurs, reprĂ©sentant les quelque 19.000 membres de la Compagnie de JĂ©sus.

L’assemblĂ©e est rĂ©unie depuis le 7 janvier : la messe d’ouverture avait Ă©tĂ© prĂ©sidĂ©e par le cardinal Franc RodĂ©, prĂ©fet de la congrĂ©gation romaine pour les Instituts de vie consacrĂ©e et les sociĂ©tĂ©s apostoliques.

Le Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en dĂ©placement a publiĂ© en 2004 un des exposĂ©s du P. Nicolas, en français, sous le titre : « Les Ă©trangers au Japon frappent Ă  la porte (et au coeur) de l’Eglise catholique ».

Lettre du Pape !

http://plunkett.hautetfort.com

Quelques nouvelles rĂ©centes :

- http://www.la-croix.com/dossiers2/sommaire.jsp?docId=2325009

- http://plunkett.hautetfort.com

HomĂ©lie du Cardinal Franc RodĂ©, prĂ©fet de la congrĂ©gation des religieux :

Chers membres de la XXXVe CongrĂ©gation GĂ©nĂ©rale de la Compagnie de JĂ©sus, pour Saint Ignace, la CongrĂ©gation gĂ©nĂ©rale est un "travail et une distraction” (Const. 677) qui interrompt momentanĂ©ment les engagements apostoliques d’un grand nombre de personnes qualifiĂ©es de la Compagnie de JĂ©sus. Se dĂ©marquant nettement de la pratique habituelle des autres Instituts religieux, les Constitutions de la Compagnie Ă©tablissent qu’elle soit cĂ©lĂ©brĂ©e en des temps dĂ©terminĂ©s et pas trop souvent.

Il est nĂ©cessaire de la rĂ©unir en deux occasions : pour l’élection du PrĂ©posĂ© GĂ©nĂ©ral et lorsque doivent ĂŞtre traitĂ©es des choses d’une importance particulière, ou des problèmes très difficiles qui touchent l’état de la Compagnie.

Historique : Ă©lire le GĂ©nĂ©ral

C’est la seconde fois dans l’histoire de la Compagnie qu’une Congrégation générale se réunit pour élire un nouveau Préposé Général du vivant de son prédécesseur. La première fois fut en 1983, quand la XXXIIIe Congrégation Générale accepta la renonciation du regretté P. Arrupe, empêché par une infirmité imprévue et grave d’exercer les fonctions de gouvernement. Elle se réunit aujourd’hui pour la seconde fois pour faire, devant le Seigneur, le discernement sur l’acceptation de la renonciation présentée par le P. Kolvenbach, qui a dirigé la Compagnie pendant presque vingt-cinq ans, avec sagesse, prudence et loyauté. Suivra l’élection de son successeur. Je désire, Révérend Père Kolvenbach, vous apporter, au nom de l’Eglise et en mon nom personnel, des vifs remerciements pour votre fidélité, votre sagesse, votre rectitude, votre exemple d’humilité et de pauvreté. Merci, P. Kolvenbach.

L’élection d’un nouveau PrĂ©posĂ© gĂ©nĂ©ral a une portĂ©e fondamentale pour la vie de la Compagnie, non seulement parce que la structure hiĂ©rarchique centralisĂ©e concède constitutionnellement au GĂ©nĂ©ral pleine autoritĂ© pour le bon gouvernement, la conservation et la croissance de tout le corps de la Compagnie, mais aussi, comme le dit bien Saint Ignace, "le bon Ă©tat de la tĂŞte rejaillit sur le corps tout entier. Car tels seront les supĂ©rieurs, tels seront aussi leurs infĂ©rieurs" (Const. 820). C’est pourquoi votre fondateur quand il indique les qualitĂ©s qui doivent se trouver chez le PrĂ©posĂ© place en premier "qu’il soit très uni Ă  notre Dieu et Seigneur et ait une grande familiaritĂ© avec lui dans la prière" (Const. 723). Après avoir mentionnĂ© d’autres qualitĂ©s importantes, qu’il n’est pas facile de trouver rĂ©unies dans une seule personne, il termine en disant : "Et si quelques-unes des qualitĂ©s Ă©numĂ©rĂ©es plus haut venaient Ă  manquer, que du moins ne manquent pas une grande probitĂ© et un grand amour pour la Compagnie, ainsi qu’un bon jugement joint Ă  une bonne science" (Const. 735).

Je m’unis à votre prière pour que l’Esprit Saint, père des pauvres, distributeur de grâces et lumière des cœurs, vous assiste dans votre discernement et dans votre élection.

Les sujets de discussion

Cette Congrégation se réunit aussi pour traiter de sujets importants et très complexes qui regardent tout le corps de la Compagnie, comme aussi la manière dont elle marche actuellement. Les thèmes sur lesquels réfléchira la Congrégation Générale portent sur des éléments fondamentaux pour la vie de la Compagnie. Vous vous interrogerez certainement sur l’identité du Jésuite aujourd’hui, sur le sens et la valeur du vœu d’obéissance au Saint-Père qui a depuis toujours caractérisé votre Famille religieuse, la mission de la Compagnie dans un contexte de mondialisation et de marginalisation, la vie communautaire, l’obéissance apostolique, la pastorale des vocations, et d’autres thèmes importants.

Vous pouvez trouver dans votre charisme et dans votre tradition des points de référence forts pour illuminer les choix que la Compagnie doit faire aujourd’hui.

Certainement, comme il se doit, vous accomplirez pendant cette Congrégation un travail important, mais ce n’est pas "une distraction" de votre activité apostolique. Vous devez porter avec le même regard des trois Personnes divines contemplant "la surface de la terre pleine d’hommes", comme vous l’enseigne Saint Ignace dans les Exercices Spirituels (n. 107). Se mettre à l’écoute de l’Esprit créateur qui renouvelle le monde et revenir aux sources pour conserver votre identité sans perdre votre propre style de vie, l’engagement pour discerner les signes des temps, les difficultés, et la responsabilité de prendre les décisions finales, sont des activités éminemment apostoliques parce qu’elles seront à la base d’un nouveau printemps de la manière d’être religieux et de l’engagement apostolique de chaque confrère de la Compagnie de Jésus.

Importance des Jésuites

Elargissons notre regard. Vous ne travaillez pas uniquement pour donner une qualification religieuse et apostolique Ă  vos confrères JĂ©suites. Ils sont nombreux les Instituts de vie consacrĂ©e qui, participant Ă  la spiritualitĂ© ignatienne, regardent avec attention vos choix ; ils sont nombreux les futurs prĂŞtres qui, dans vos universitĂ©s et facultĂ©s, se prĂ©parent Ă  exercer un ministère ; elles sont nombreuses les personnes qui, dans ou hors de l’Eglise, frĂ©quentent vos centres d’enseignement avec le dĂ©sir de trouver une rĂ©ponse aux dĂ©fis que la science, la technique, la mondialisation, l’inculturation, le consumĂ©risme et la misère, posent Ă  l’humanitĂ©, Ă  l’Eglise et Ă  la foi, avec l’espĂ©rance de recevoir une formation qui les rendent capables de construire un monde de vĂ©ritĂ© et de libertĂ©, de justice et de paix.

Votre agir doit être éminemment apostolique, avec une ampleur universelle tant au plan humain, ecclésial, évangélique. Il doit être toujours accompli à la lumière de votre charisme, de sorte que la participation croissante des laïques à vos activités n’obscurcisse pas votre identité, mais au contraire l’enrichisse avec la collaboration de ceux qui, provenant d’autres cultures, partagent votre style et vos objectifs.

Je m’unis encore à votre prière pour que l’Esprit Saint vous accompagne dans votre travail délicat.

En frère qui suit avec intérêt et espoir vos travaux et vos décisions, je veux partager avec vous "les joies et les espérances" et aussi "les tristesses et les angoisses" (GS 1) que j’ai comme homme d’Eglise appelé à exercer un service difficile dans le champ de la vie consacrée, en ma qualité de Préfet de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique.

Les fameux exercices spirituels

Je vois avec plaisir et espĂ©rance les milliers de religieuses et religieux qui rĂ©pondent gĂ©nĂ©reusement Ă  l’appel du Seigneur et qui, laissant tout ce qu’ils ont, se consacrent avec un coeur sans partage au Seigneur pour demeurer avec lui et collaborer avec lui dans sa volontĂ© de salut "de conquĂ©rir le monde entier…et d’entrer ainsi dans la gloire du Père" (Exercices spirituels, n°95). Je constate que la vie consacrĂ©e continue Ă  ĂŞtre un "don divin que l’Eglise a reçu de son Seigneur" (LG 43) et pour cela l’Eglise dĂ©sire veiller avec sollicitude afin que le charisme propre de chaque Institut soit toujours plus connu et, avec les adaptations nĂ©cessaires aux temps actuels, soit maintenu toujours intact dans sa propre identitĂ© pour le bien de toute l’Eglise. L’authenticitĂ© de la vie religieuse est caractĂ©risĂ©e par la suite du Christ et par la consĂ©cration exclusive Ă  Lui et Ă  son Royaume moyennant la profession des conseils Ă©vangĂ©liques. Le Concile Ĺ’cumĂ©nique Vatican II enseigne que "cette consĂ©cration sera d’autant plus parfaite que des liens plus fermes et plus stables reproduisent davantage l’image du Christ uni Ă  l’Eglise son Epouse par un lien indissoluble" (LG 44). On ne peut sĂ©parer la consĂ©cration au Service du Christ de la consĂ©cration au service de son Eglise. Ignace et ses premiers compagnons le considĂ©rèrent ainsi quand ils rĂ©digèrent la "Formula" de votre Institut, dans laquelle est prĂ©cisĂ©e l’essence de votre charisme : "servir le Seigneur et son Epouse, l’Eglise, sous le Souverain Pontife". Je vois avec tristesse et inquiĂ©tude que mĂŞme chez plusieurs membres de Familles religieuses le sentire cum Ecclesia, dont parle frĂ©quemment votre Fondateur, est en baisse. L’Eglise attend de vous une lumière pour restaurer le sensus Ecclesiae. Les Exercices Spirituels de Saint Ignace sont votre spĂ©cialitĂ©. Les règles du sentire cum Ecclesia forment une partie intĂ©grante et essentielle de ce chef-d’œuvre de la spiritualitĂ© catholique. Elles sont comme un fermoir d’or avec lequel se ferme le livre des Exercices Spirituels.

Bien des éléments sont entre vos mains pour approfondir et actualiser ce désir, ce sentiment ignatien et ecclésial.

L’amour de l’Eglise dans tous les sens du terme – aussi bien Eglise peuple de Dieu que Eglise hiérarchique – n’est pas un sentiment changeant selon les personnes qui la composent ou selon notre conformité avec les dispositions émanées de ceux que le Seigneur a établi pour gouverner l’Eglise. L’amour de l’Eglise est un amour fondé sur la foi, un don du Seigneur qui, parce qu’il nous aime, nous donne la foi en lui et en son Epouse qui est l’Eglise. L’amour de l’Eglise présuppose la foi dans l’Eglise. Sans le don de la foi dans l’Eglise, l’amour pour l’Eglise ne peut exister.

Je m’associe à votre prière pour demander au Seigneur de vous concéder la grâce de croire toujours plus et d’aimer toujours plus cette Eglise que nous professons une, sainte, catholique et apostolique.

Le Pape

Avec tristesse et inquiĂ©tude je vois aussi un Ă©loignement croissant de la HiĂ©rarchie. La spiritualitĂ© ignatienne de service apostolique "sous le Souverain Pontife" n’accepte pas cette sĂ©paration. Dans les Constitutions qu’il vous a laissĂ©es comme norme de vie, Ignace veut vĂ©ritablement modeler votre esprit et dans le livres des Exercices (n° 353) il Ă©crit : "Renoncer Ă  tout jugement propre et se tenir prĂŞt Ă  obĂ©ir promptement Ă  la vĂ©ritable Epouse de JĂ©sus Christ, notre Seigneur, c’est Ă  dire Ă  la sainte Eglise hiĂ©rarchique, notre Mère".

Sur cette ligne, toujours suivie par la Compagnie au long de son histoire pluri-centenaire, la XXXVème Congrégation Générale doit se placer aussi au moment où elle s’ouvre par cette liturgie célébrée près des restes de votre Fondateur montrant votre volonté et votre engagement d’être fidèles au charisme qu’il vous a laissé en héritage et de l’actualiser pour répondre au mieux aux nécessités de l’Eglise de notre temps.

Servir dans la Compagnie signifie servir “sous l’étendard de la Croix”. Tout service fait avec amour implique nĂ©cessairement de se vider de soi-mĂŞme, une kĂ©nose. Mais cesser d’accomplir ce qu’on dĂ©sire accomplir pour faire ce que dĂ©sire la personne aimĂ©e transforme cette kĂ©nose Ă  l’image du Christ qui apprit, de ce qu’il souffrit, l’obĂ©issance (cf. He 5,8). C’est pour cela que Saint Ignace avec rĂ©alisme ajoute que le JĂ©suite sert l’Eglise "sous l’étendard de la Croix".

Ignace se met aux ordres du Souverain Pontife “pour ne pas se tromper in via Domini” dans la rĂ©partition de ses religieux dans le monde et les rendre prĂ©sents lĂ  oĂą les besoins de l’Eglise seront les plus grands.

Les temps ont changé et l’Eglise doit affronter aujourd’hui des besoins nouveaux et urgents. J’en mentionne un que je soumets à votre considération parce qu’ il est, à mon avis, aujourd’hui, urgent et complexe. C’est celui de présenter aux fidèles et au monde l’authentique vérité révélée dans l’Ecriture et la Tradition.

La diversité doctrinale de ceux qui à tous les niveaux, par vocation et mission, sont appelés à annoncer le Royaume de vérité et d’amour, désoriente les fidèles et les conduit vers un relativisme sans horizon. La vérité est une, même si elle peut être connue plus profondément. Le garant de la vérité révélée est le "Magistère vivant de l’Eglise dont l’autorité s’exerce au nom de Jésus Christ" (DV 10). Les exégètes et les experts en théologie doivent s’appliquer à collaborer pour approfondir et expliquer, "sous la vigilance du Magistère", les richesses que cette vérité révélée contient (cf. DV 23). Vous, par votre longue et solide formation, vos centres de recherche, par l’enseignement dans les domaines philosophique, théologique et bibliques, vous vous trouvez dans une situation privilégiée pour la réalisation de cette difficile mission. Réalisez-la par l’étude et l’approfondissement, réalisez-la avec humilité, réalisez-la avec foi dans l’Eglise, réalisez-la avec l’amour pour l’Eglise.

Sentir avec l’Eglise

Ceux qui, selon votre lĂ©gislation, doivent veiller sur la doctrine de vos revues, de vos publications, qu’ils le fassent Ă  la lumière et selon les “règles pour sentire cum Ecclesia” avec amour et respect.

En outre, je suis inquiet de percevoir la séparation toujours croissante entre foi et culture, séparation qui est un empêchement grave pour l’évangélisation (Sapientia Christiana, préambule).

Une culture pĂ©trie d’un vĂ©ritable esprit chrĂ©tien est un instrument qui favorise la diffusion de l’Evangile, la foi en Dieu crĂ©ateur du ciel et de la terre. La tradition de la Compagnie, dès les premiers temps du Collège Romain, s’est toujours placĂ©e au carrefour de l’Eglise et de la sociĂ©tĂ©, entre la foi et la culture, entre la religion et le sĂ©cularisme. Maintenez ces positions d’avant-garde si nĂ©cessaires pour transmettre la vĂ©ritĂ© Ă©ternelle au monde d’aujourd’hui, avec un langage d’aujourd’hui. Relevez ce dĂ©fi. Nous sommes conscients que cette tâche est difficile, inconfortable et risquĂ©e et, parfois, peu apprĂ©ciĂ©e, voire mal entendue, mais c’est une tâche nĂ©cessaire pour l’Église et une partie de votre manière de faire. Les engagements apostoliques qui vous sont demandĂ©s par l’Eglise sont nombreux et très divers, mais ils ont tous un dĂ©nominateur commun : l’instrument qui les rĂ©alise doit, selon une phrase ignatienne, ĂŞtre un instrument uni Ă  Dieu. C’est l’écho ignatien Ă  l’Evangile proclamĂ© aujourd’hui : Je suis la vigne, vous ĂŞtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-lĂ  porte beaucoup de fruit (Jn 15,5). L’union avec la vigne qui est amour se rĂ©alise seulement Ă  travers l’échange d’amour silencieux et personnel qui naĂ®t dans l’oraison, "de la connaissance intĂ©rieure du Seigneur, qui pour moi s’est fait homme, et qui s’étend intacte et vivante Ă  ceux qui sont près de nous et Ă  ce qui est près de nous". Il n’est pas possible de transformer le monde, ni de rĂ©pondre aux dĂ©fis d’un monde qui a oubliĂ© l’amour, sans demeurer bien enracinĂ©s dans l’amour.

Contemplatif dans l’action

A Ignace fut concédée la grâce mystique d’être "contemplatif dans l’action" (MN ad 5, 172). Ce fut une grâce spéciale donnée gratuitement par Dieu à Ignace qui avait parcouru un chemin pénible de fidélité et de longues heures d’oraison dans la retraite de Manrèse. C’est une grâce qui, selon le Père Nadal, est contenue dans l’appel de tout Jésuite. Guidés par votre magis ignatien tenez ouvert votre cœur pour recevoir le même don, suivant le même parcours que Saint Ignace de Loyola à Rome, qui fut un chemin de générosité, de pénitence, de discernement, d’oraison, de zèle apostolique, d’obéissance, de charité, de fidélité et d’amour de l’Eglise hiérarchique.

Maintenez et développez, malgré les nécessités apostoliques urgentes, le vrai charisme, jusqu’à être et vous présenter au monde comme "des contemplatifs dans l’action", qui communiquent aux hommes et à la création l’amour reçu de Dieu et les orientent de nouveau vers l’amour de Dieu. Tout le monde comprend le langage de l’amour.

Le Seigneur "vous a choisis pour que vous alliez et que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure". Allez, portez du fruit dans la confiance que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne (cf. Jn 15, 16).

La Compagnie de demain

Je m’unis à votre prière au Père, par Jésus Christ son Fils et dans l’Esprit Saint, avec Marie, Mère de la Grâce divine, invoquée par tous les membres de la Compagnie sous le titre de Santa Maria della Strada, pour qu’il vous accorde la grâce de "chercher et découvrir la volonté de Dieu sur la Compagnie d’aujourd’hui qui construit la Compagnie de demain".


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