Edito

Lors de chaque JMJ ont lieu des catĂ©chèses donnĂ©es par des Ă©vĂŞques : après un moment de louange, l’évĂŞque donne un enseignement suivi d’un temps de questions ; la rencontre se termine par la cĂ©lĂ©bration de l’Eucharistie prĂ©sidĂ©e par l’évĂŞque. Ces catĂ©chèses furent l’occasion pour une partie des suisses (...)

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Vocation diacre

Le diaconat permanent
mardi 5 juin 2007.

Le diacre permanent, figure du Christ serviteur, a été réintroduit après le Concile Vatican II. Retrouvez un petit résumé de la réflexion de la Commission Théologique Internationale ( 2003 ) ainsi que le service du diacre dans la liturgie de la Messe.

Le diaconat : Ă©tudes et rĂ©flexion

rèf : Commission thĂ©ologique internationale, Le diaconat. Évolution et perspectives, Cerf, 2003.

Cet ouvrage publie le travail de la CTI effectué dans le quinquennium 1992-1997 et achevé dans le quinquennium suivant (1997-2002). Il a été soumis au Président de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le cardinal J. Ratzinger, qui en a autorisé la publication.

Ont participé aux sous-commissions en particulier Mgrs Ch. Schönborn et J. Doré.

1. De la diaconie du Christ Ă  la diaconie des ApĂ´tres

En bref, on peut souligner que la condition de « service » caractĂ©rise la nouveautĂ© de l’existence chrĂ©tienne, que JĂ©sus est venue enseigner. Le Kyrios est le diakonos de tous. ĂŠtre chrĂ©tien signifie, Ă  l’exemple du Christ, se mettre au service des autres jusqu’au renoncement et au don de soi, par amour.

2. Le diaconat dans le Nouveau Testament et dans la Patristique

La prise de conscience des diffĂ©rents ministères s’est faite progressivement dans les 3 premiers siècles. C’est le IVème siècle qui marque l’aboutissement du processus qui a conduit Ă  reconnaĂ®tre le diaconat comme un degrĂ© de la hiĂ©rarchie ecclĂ©siale, situĂ© après l’évĂŞque et les presbytres, avec un rĂ´le bien dĂ©fini (on le voit tout particulièrement dans les Constitutions Apostoliques, qui sont la plus grande collection juridique rĂ©digĂ©e Ă  cette Ă©poque, reprenant l’essentiel des documents prĂ©cĂ©dents). LiĂ© Ă  la mission et Ă  la personne de l’évĂŞque, ce rĂ´le englobait trois tâches : le service liturgique (apporter les offrandes et les distribuer ; faire descendre dans l’eau celui qui allait recevoir le baptĂŞme, etc.), le service de prĂŞcher l’Évangile, ainsi qu’une vaste activitĂ© sociale concernant les Ĺ“uvres de charitĂ© et une activitĂ© administrative selon les directives de l’évĂŞque (en particulier la gestion de toute la partie financière des communautĂ©s). On voit rĂ©gulièrement des dĂ©clarations des Pères de l’Eglise mettant en garde les diacres de ne pas s’approprier les places, le rang et les tâches des presbytres. Leurs rĂ´les respectifs Ă©taient donc bien distincts.

2.b Le ministère des diaconesses

Il a effectivement existĂ© un ministère de diaconesses qui s’est dĂ©veloppĂ© de façon inĂ©gale dans les diverses parties de l’Église (presque uniquement en Orient ; très peu de traces en Occident). Il semble clair que ce ministère n’était pas perçu comme le simple Ă©quivalent fĂ©minin du diaconat masculin. Il s’agit d’une fonction ecclĂ©siale dont la tâche principale Ă©tait d’accompagner les femmes lors de leur baptĂŞme, Ă  cause de la dĂ©cence Ă  respecter. Les diaconesses assistaient ces nouvelles baptisĂ©es dans la piscine baptismale et pour l’onction du Saint-ChrĂŞme.

3. La disparition du diaconat permanent

Ă€ Rome, depuis le IIIe siècle, les diacres sont chacun Ă  la tĂŞte d’une des sept rĂ©gions pastorales, alors que les presbytres ont un titulus (future paroisse) plus petit. Ces diacres sont chargĂ©s d’administrer les biens matĂ©riels et de diriger les services d’assistance. Mais petit Ă  petit, les fonctions du diacre sont de plus en plus exercĂ©es par d’autres ministres. Les sous-diacres sont nommĂ©s pour suivre le diacre ; ceux qui suivent le diacre sont rapidement devenus ses acolytes ; les acolytes sont chargĂ©s de porter l’Eucharistie de l’évĂŞque aux presbytres des titres urbains ; ce sont eux aussi qui les portent aux absents ; les portiers remplissent aussi une fonction anciennement confiĂ©e aux diacres. Les ministères infĂ©rieurs naissent ainsi d’un Ă©clatement des fonctions diaconales.

Petit à petit, le diaconat va devenir simplement un degré de la hiérarchie, avec l’idée que le degré supérieur peut accomplir tout ce que fait de degré inférieur, avec des fonctions supplémentaires. Ainsi, le presbytre peut accomplir les tâches diaconales, alors que l’évêque peut exercer la totalité des fonctions ecclésiastiques. Ce phénomène d’emboîtement des compétences et de substitution des fonctions inférieures par les fonctions supérieures, la fragmentation des compétences originelles des diacres en de multiples fonctions subalternes cléricalisées, l’accès aux fonctions supérieures per gradum expliquent que le diaconat, comme ministère permanent, ait perdu sa raison d’être. Il ne restait plus aux diacres que les tâches liturgiques exercées ad tempus par les candidats au sacerdoce.

Quand aux diaconesses, un auteur du Xe siècle constate : « Dans les temps anciens, on ordonnait des diaconesses ; elles avaient pour fonction de s’occuper des femmes adultes, afin qu’elles ne se dĂ©couvrent pas devant l’évĂŞque. Mais lorsque la religion s’étendit et qu’il fut dĂ©cidĂ© d’administrer le baptĂŞme aux enfants, cette fonction fut abolie ». La diaconesse est devenue une moniale. On trouve encore ce titre jusqu’au XIIIe siècle pour dĂ©signer l’abbesse d’un monastère.

4. La sacramentalité du diaconat du XIIe au XXe siècle

Le diaconat est-il contenu dans le sacrement de l’Ordre ? C’est un dĂ©bat qui n’a pas trouvĂ© de solution dĂ©finitive jusqu’au Concile Vatican II. MĂŞme lĂ , on laisse une certaine imprĂ©cision pour Ă©viter de donner l’impression que l’on condamne ceux qui avaient des doutes Ă  ce sujet. Par exemple, on ne parle pas d’ordination diaconale, mais d’une grâce sacramentelle qui est donnĂ©e pour exercer ce ministère. C’est seulement dans les dĂ©veloppements post-conciliaires que les choses vont se prĂ©ciser :

Le Motu proprio de Paul VI Ad pascendum (1972) rĂ©tablit le diaconat permanent (sans l’exclure comme Ă©tape transitoire) en tant qu’« ordre moyen » entre la hiĂ©rarchie supĂ©rieure et le reste du peuple de Dieu. Le Code de Droit Canonique (1983) introduit le diaconat comme un des trois ordres, et semble lui appliquer dans son intĂ©gralitĂ© la thĂ©ologie gĂ©nĂ©rale du sacrement de l’ordre (cf. can. 1008). Il prĂ©cise certaines fonction qui lui sont dĂ©volues : participation Ă  l’exercice de la charge pastorale du curĂ© (can. 517,2 et 519) ; possibilitĂ© de faire l’homĂ©lie (can. 757, 764, 766, 767) ; etc. Le CatĂ©chisme de l’Église Catholique (1992 ; dĂ©finitif 1997) semble parler de façon plus dĂ©cidĂ©e en faveur de la sacramentalitĂ© du diaconat. Il considère leur ordination comme un « acte sacramentel » leur permettant d’exercer un « pouvoir sacrĂ© » qui procède, finalement, de JĂ©sus-Christ seul (n° 1538).

Dans la Ratio fundamentalis de 1998 (Directoire pour le ministère et la vie des diacres permanents), on apporte une nouveautĂ© : le diacre a une configuration spĂ©cifique au Christ, « Seigneur et Serviteur » (n° 5) Ă  laquelle correspond une spiritualitĂ© marquĂ©e par la « serviabilitĂ© » en tant que signe distinctif qui rend le diacre, par l’ordination, « icĂ´ne » du Christ Serviteur de l’Église (n° 11).

Mais plusieurs questions ne sont pas rĂ©solues. Le « service » ne caractĂ©rise-t-il pas aussi le ministère du prĂŞtre et de l’évĂŞque ? Quelles sont les fonctions spĂ©cifiques du diacre, qui lui donnent une existence propre ? En quoi diffère-t-il de la mission du laĂŻc engagĂ© dans le monde ? Comment comprendre l’unique sacrement de l’Ordre dans ses trois degrĂ©s ? Comment le fait de pouvoir ordonner diacres des hommes mariĂ©s est-il compatible Ă  la comprĂ©hension du sacrement de l’Ordre ? Comment comprendre la participation du diacre au « ministère » de l’évĂŞque et non Ă  son « sacerdoce » ? Quel type de « configuration » au Christ donne le caractère diaconal ? Quels sont les « pouvoirs » que le diaconat octroie en tant que sacrement ?

5. La restauration du diaconat permanent Ă  Vatican II

Cette partie exprime tellement bien l’enseignement du Concile qu’il est très difficile de la résumer. Dès lors, elle se trouve en entier dans le document à part, car il est nécessaire de connaître tous ces éléments pour aborder une réflexion juste et équilibrée sur le diaconat, fondée sur l’enseignement de Vatican II

6. La rĂ©alitĂ© du diaconat permanent aujourd’hui

C’est surtout dans les sociĂ©tĂ©s industrialisĂ©es du Nord que le diaconat s’est dĂ©veloppĂ© : sur 25’122 diacres (en 1998), 51 % sont en AmĂ©rique du Nord et 31 % en Europe. Cela n’avait pas du tout Ă©tĂ© prĂ©vu par les Pères conciliaires lorsqu’ils avaient demandĂ© une « rĂ©activation » du diaconat permanent. Ils s’attendaient plutĂ´t Ă  un dĂ©veloppement rapide dans les jeunes Églises d’Afrique et d’Asie, oĂą la pastorale s’appuyait sur un grand nombre de catĂ©chistes laĂŻcs. Quelles en sont les raisons, tenant compte du fait qu’il revient aux confĂ©rences Ă©piscopales de dĂ©cider, « avec l’approbation du Souverain Pontife, s’il est opportun pour le bien des âmes d’instituer un tel diaconat » (LG 29b) ?

Dans les Eglises de « mission », les Ă©vĂŞques se sont montrĂ©s prudents, pour plusieurs raisons : l’état de vie des diacres ; la situation financière des jeunes Églises ; les consĂ©quences sur les vocations Ă  la prĂŞtrise ; la confusion et l’incertitude au sujet de la nature de la vocation diaconale ; la clĂ©ricalisation des laĂŻcs engagĂ©s dans l’apostolat ; le conservatisme et le manque d’esprit critique de certains candidats ; le mariage du clergĂ© et la dĂ©prĂ©ciation du cĂ©libat ; la rĂ©action des fidèles qui ne se contenteront pas du diaconat comme d’une demi-mesure, alors qu’ils manquent terriblement de prĂŞtres. Les Ă©vĂŞques Congolais, par exemple, prĂ©fèrent renouveler le rĂ´le des catĂ©chistes, confrontĂ©s qu’ils sont Ă  une objection souvent rĂ©pĂ©tĂ©e : « qu’est-ce que peut faire un diacre que ne peut faire un laĂŻc ? »

Dans les Eglises d’AmĂ©rique du Nord et d’Europe, le diaconat s’est beaucoup dĂ©veloppĂ©, mais souvent comme un ministère de supplĂ©ance au manque de prĂŞtres. Dans beaucoup d’endroits, les diacres font surtout ce que les prĂŞtres faisaient, principalement dans les domaines liturgique et sacramentel : baptĂŞmes, mariages, liturgies, soin des malades, homĂ©lies, etc. Paradoxalement, ils interviennent moins dans le ministère auprès des prisonniers et dans la promotion des droits humains. Dans ce contexte, les diacres risquent d’apparaĂ®tre comme des « prĂŞtres incomplets » ou des « laĂŻcs avancĂ©s ».

Devant ces situations, la rĂ©flexion thĂ©ologique et pastorale sur l’évolution du diaconat est en cours. Certains soulignent que le diacre, contrairement au laĂŻc, rappelle dans les endroits oĂą manque le prĂŞtre que c’est le Christ qui fonde l’Église en chaque lieu, et que, par l’Esprit, il agit aujourd’hui en elle. En France, on opte pour une prĂ©sence des diacres dans leurs milieux professionnels et aux frontières de l’Église. L’idĂ©e fait son chemin Ă©galement que ce qui caractĂ©rise le plus le ministère du diacre n’est pas le service de la Parole ou de la liturgie, mais plutĂ´t « le service de la charitĂ© ». De plus en plus, on cherche la spĂ©cificitĂ© du diaconat non pas du cĂ´tĂ© du faire, mais de celui de l’être : c’est ce qu’ils sont qui fait l’originalitĂ© de ce qu’ils font.

7. Approche théologique du diaconat dans le sillage de Vatican II

Ce qui est certain, c’est qu’il faut considĂ©rer le diaconat comme une rĂ©alitĂ© sacramentelle. Ce n’est pas une forme de ministère enracinĂ©e dans le baptĂŞme seulement. A partir de lĂ , il y a un certain nombre de questions disputĂ©es aujourd’hui :

- Il est juste de vouloir enraciner le diaconat dans le Christ. Mais cela n’implique pas qu’il faille soutenir que le Christ lui-mĂŞme ait instituĂ© directement le diaconat comme degrĂ© sacramentel (dans le lavement des pieds par exemple). Dans son articulation concrète et thĂ©ologique, l’Église a jouĂ© un rĂ´le dĂ©cisif.

- Le « caractère » diaconal, dont ne parle pas Vatican II mais les textes post-conciliaires, doit rendre compte de cette rĂ©alitĂ© : ce qu’un diacre reçoit par son ordination est diffĂ©rent par essence, et non seulement par degrĂ© (cf. LG 10) de ce qu’il reçoit par son baptĂŞme.

- Le diacre agit-il « in persona Christi Capitis » ? Cela dĂ©pend de ce qu’on entend par cette expression. Sur ce point, on se trouve devant une diversitĂ© de tendances difficiles Ă  harmoniser. « In persona Christi Servi » est-il spĂ©cifique au diaconat ? Il semble que non, car le prĂŞtre et l’évĂŞque imitent le Christ qui est venu pour servir. Mais pourrait-on parler pour le diacre d’une « densitĂ© particulière » de ce signe du Serviteur ?

- Y a-t-il des « fonctions » diaconales spĂ©cifiques ? On ne trouve pas de rĂ©flexions dans les documents de l’Église sur le fait que toutes leurs tâches et leurs fonctions peuvent ĂŞtre rĂ©alisĂ©es par des chrĂ©tiens qui n’ont pas reçu d’ordination diaconale (comme cela se produit dans beaucoup de communautĂ©s de par le monde). Comment affirmer la sacramentalitĂ© du diacre si elle ne lui confère aucune potestas, c’est-Ă -dire des fonctions qu’il n’aurait pas pu faire s’il n’avait pas Ă©tĂ© ordonnĂ© – comme c’est le cas du prĂŞtre et de l’évĂŞque ? Ces difficultĂ©s expliquent la persistance de la question : qu’est-ce que peut faire un diacre qu’un laĂŻc ne peut pas faire ? Un changement de perspective doit ĂŞtre pris en considĂ©ration : alors qu’on expliquait traditionnellement l’unitĂ© du sacrement de l’Ordre en rĂ©fĂ©rence au sacrement de l’Eucharistie, le concile Vatican II le situe comme une participation Ă  la « plĂ©nitude du sacrement de l’Ordre » possĂ©dĂ©e par l’épiscopat. Des approches thĂ©ologiques proposent dès lors de voir le diaconat, Ă  l’instar du presbytĂ©rat, comme une des formes de collaboration avec l’évĂŞque. En rĂ©fĂ©rant le diaconat directement Ă  l’évĂŞque, et non pas comme un troisième degrĂ© infĂ©rieur au presbytĂ©rat, cela permettrait de dĂ©finir plus spĂ©cifiquement le profil du diacre, sans exclure toute fonction d’aide et de coopĂ©ration avec les prĂŞtres. On propose mĂŞme de parler d’ordo diaconorum comme on parle de presbyterium : cette hypothèse nĂ©cessite un plus grand approfondissement thĂ©ologique, car les textes conciliaires et post-conciliaires n’en disent pratiquement rien (la seule rĂ©fĂ©rence est dans le Directoire de 1998 qui parle au n° 6 d’une « fraternitĂ© sacramentelle » pour favoriser l’unitĂ© des diacres entre eux).

Comment interprĂ©ter la formule de LG 29a, qui dit que les diacres reçoivent l’imposition des mains « non ad sacerdotium, sed ad ministerium » ? Pris au sens strict, sacerdotium signifie la possibilitĂ© de consacrer le pain et le vin pour l’Eucharistie ; il est clair que cela n’est pas dĂ©volu aux diacres. Mais dans un sens large, le diaconat est-il exclu du sacerdotium en tant que pouvoir d’enseigner, de sanctifier et de rĂ©gir « in persona Christi Capitis » ? Les dĂ©bats thĂ©ologiques autour du diaconat sont marquĂ©s par des tensions engendrĂ©es par le fait d’exclure ou d’inclure le diaconat dans les catĂ©gories sacerdotales.

- Quoiqu’il en soit, il est important de poursuivre cette rĂ©flexion thĂ©ologique sur le diaconat, en lien avec la situation rĂ©elle des diverses Églises locales. C’est peut-ĂŞtre Ă  travers son exercice concret que l’on parviendra Ă  mieux le comprendre, Ă  l’intĂ©rieur d’une Église perçue toujours plus comme communion, et donc Ă©galement communion ministĂ©rielle, oĂą le diaconat doit trouver sa place en liaison avec le ministère de l’évĂŞque et Ă  cĂ´tĂ© de la figure du prĂŞtre qui s’occupait jusqu’à maintenant de toutes les fonctions ministĂ©rielles. Quels aspects du ministère ne seraient pas spĂ©cifiquement « sacerdotaux », tout en Ă©tant participation Ă  la mission de l’évĂŞque ?

Conclusion

Au point de vue de sa signification thĂ©ologique et de son rĂ´le ecclĂ©sial, le ministère du diaconat constitue un dĂ©fi pour la conscience et la pratique de l’Église, notamment par les questions qu’il soulève encore aujourd’hui. A propos des diacres, plusieurs tĂ©moins de la Tradition ont rappelĂ© que le Seigneur a choisi des geste d’humble service pour exprimer et rendre prĂ©sent la rĂ©alitĂ© de la morphe doulou (Ph 2,7) qu’il a assumĂ©e en vue de la mission du salut. Concrètement, le diaconat est nĂ© comme aide aux ApĂ´tres et Ă  leurs successeurs, ceux-ci Ă©tant eux-mĂŞmes perçus comme serviteurs Ă  la suite du Christ. Si le diaconat a Ă©tĂ© reconstituĂ© comme ministère permanent par le Concile Vatican II, c’est particulièrement pour rĂ©pondre Ă  des besoins concrets (cf. LG 29b) ou pour accorder la grâce sacramentelle Ă  ceux qui accomplissaient dĂ©jĂ  des fonctions diaconales (AG 16f). Mais la tâche d’identifier plus clairement ces besoins et ces fonctions dans les communautĂ©s chrĂ©tiennes reste Ă  accomplir, bien qu’on dispose dĂ©jĂ  de la riche expĂ©rience des Églises particulières qui, après le Concile, ont accueilli dans leur pastorale le ministère permanent du diaconat.

Dans la conscience actuelle de l’Église, il n’y a qu’un seul sacrement de l’ordre. Reprenant l’enseignement de Pie XII, le Concile Vatican II affirme cette unitĂ©, et y voit inclus l’Ă©piscopat, le presbytĂ©rat et le diaconat. Selon la dĂ©cision de Paul VI, ce ne sont que ces trois ministères ordonnĂ©s qui constituent l’Ă©tat clĂ©rical. Avec prudence cependant, en ce qui concerne le diaconat, le Concile ne parle que de « grâce sacramentelle ». Après Vatican II, Paul VI et le CEC (n. 1570) enseignent que le diacre reçoit, par l’ordination, le caractère du sacrement de l’Ordre. Le can. 1008 du CIC affirme que les trois ministères ordonnĂ©s sont exercĂ©s in persona Christi capitis. A la suite de LG 29 qui attribue au diacre l’administration solennelle du baptĂŞme (cf. SC 68), le can. 861,1 prĂ©sente chacun des trois ministres ordonnĂ©s comme ministres ordinaires de ce sacrement : le can. 129 reconnaĂ®t Ă  tous ceux qui ont reçu l’ordre sacrĂ© la potestas regiminis. D’autre part, la diffĂ©rence entre les ministères sacerdotaux et le ministère diaconal est aussi soulignĂ©e.

L’affirmation conciliaire selon laquelle le diacre n’est pas ordonnĂ© pour le sacerdoce mais pour le ministère a Ă©tĂ© reçue par les divers documents du Magistère postconciliaire. De la manière la plus claire, le CEC (n. 1554) distingue Ă  l’intĂ©rieur d’une mĂŞme ordinatio le gradus participationis sacerdotalis de l’Ă©piscopat et du presbytĂ©rat et le gradus servitii du diaconat. En effet, le diaconat, de par sa manière de participer Ă  l’unique mission du Christ, rĂ©alise sacramentellement cette mission Ă  la façon d’un service auxiliaire. II est « icona vivens Christi servi in Ecclesia », mais il maintient prĂ©cisĂ©ment en tant que tel un lien constitutif au ministère sacerdotal auquel il prĂŞte son aide (cf. LG 41). Ce n’est pas un service quelconque qui est attribuĂ© au diacre dans l’Église : son service appartient au sacrement de l’ordre en tant que collaboration Ă©troite avec l’évĂŞque et les presbytres, dans l’unitĂ© de la mĂŞme actualisation ministĂ©rielle de la mission du Christ. Le CEC (n° 1554) cite saint Ignace d’Antioche : « que tous rĂ©vèrent les diacres comme JĂ©sus-Christ, comme aussi l’évĂŞque, qui est l’image du Père et les presbytres comme le sĂ©nat de Dieu et comme l’assemblĂ©e des apĂ´tres : sans eux on ne peut parler d’Église ».

Au-delà de toutes les questions que le diaconat soulève, il est bon de rappeler que, depuis le Concile Vatican II, la présence active de ce ministère dans la vie de l’Église suscite, en mémoire de l’exemple du Christ, une conscience plus vive de la valeur du service pour la vie chrétienne.

Les fonctions du diacre pendant la messe

De façon gĂ©nĂ©rale, le diacre assiste le prĂŞtre et marche Ă  son cĂ´tĂ© ; Ă  l’autel, il fait le service soit du calice, soit du livre ; si aucun autre ministre n’est prĂ©sent, il accomplit les fonctions des autres suivant les nĂ©cessitĂ©s.

Ouverture de la célébration

Si le diacre porte le livre des Évangiles, il marche devant le prĂŞtre qui se rend Ă  l’autel ; sinon il s’avance Ă  cĂ´tĂ© de lui. Après qu’il ait fait avec le prĂŞtre le salut requis, le diacre monte avec lui Ă  l’autel et le vĂ©nère d’un baiser en mĂŞme temps que le prĂŞtre. Si l’on emploie l’encens, il assiste le prĂŞtre pour mettre l’encens et pour encenser l’autel. Sinon gagne son siège Ă  cĂ´tĂ© du prĂŞtre, et lui rend les services nĂ©cessaires.

Liturgie de la Parole

Pendant qu’on chante l’Alleluia, le diacre, inclinĂ© devant le prĂŞtre, lui demande la bĂ©nĂ©diction en disant : Père, bĂ©nissez-moi. Le prĂŞtre le bĂ©nit en disant : Que le Seigneur soit dans ton coeur et sur tes lèvres pour que tu proclames la Bonne Nouvelle au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » Ensuite il se rend Ă  l’ambon, en prenant le livre des Évangiles s’il se trouve ailleurs, et proclame l’Évangile. Celui-ci terminĂ©, il revient auprès du prĂŞtre. Après l’introduction du prĂŞtre, c’est le diacre qui propose les intentions de la prière universelle, soit de l’ambon soit d’un autre lieu appropriĂ©.

Liturgie eucharistique

A l’offertoire, tandis que le prĂŞtre reste Ă  son siège, le diacre prĂ©pare l’autel, aidĂ© par les autres ministres. Il assiste le prĂŞtre pour la rĂ©ception des dons du peuple. Puis il remet au prĂŞtre la patène avec le pain Ă  consacrer ; en disant Ă  voix basse la formule prescrite, il verse le vin et un peu d’eau dans le calice, qu’il prĂ©sente au prĂŞtre. Mais il peut faire la prĂ©paration du calice Ă  la crĂ©dence. Si l’on emploie l’encens, il sert le prĂŞtre pour encenser les dons et l’autel.

Pendant la prière eucharistique, le diacre se tient auprès du prĂŞtre, mais un peu en arrière, pour le servir, quand il le faut, au calice ou au missel. A la doxologie finale, se tenant Ă  cĂ´tĂ© du prĂŞtre, il tient le calice Ă©levĂ©, tandis que le prĂŞtre Ă©lève la patène avec l’hostie. Après que le prĂŞtre a dit l’oraison pour la paix et : Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous, c’est le diacre qui, si cela convient, invite Ă  la paix en disant la formule indiquĂ©e.

Lorsque le prêtre a communié, lui-même reçoit la communion sous les deux espèces et aident ensuite le prêtre à donner la communion au peuple. Si l’on donne la communion sous les deux espèces, c’est lui qui présente le calice aux communiants.

Lorsqu’est achevĂ©e la communion, le diacre revient Ă  l’autel avec le prĂŞtre, recueille les fragments s’il y en a, puis porte le calice et les autres vases sacrĂ©s Ă  la crĂ©dence ; lĂ , il les purifie et, habituellement, les range, tandis que le prĂŞtre retourne au siège.

Rite de conclusion

Une fois dite la prière après la communion, le diacre fait de brèves annonces au peuple, au cas oĂą ce serait utile, Ă  moins que le prĂŞtre ne veuille les faire lui-mĂŞme. Lorsque le prĂŞtre a donnĂ© la bĂ©nĂ©diction, le diacre renvoie le peuple en disant : Allez, dans la paix du Christ. Ensuite, avec le prĂŞtre, il baise l’autel et, après avoir salut celui-ci de la façon requise, s’en retourne de la manière dont il Ă©tait venu en procession.


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