Rarement un tel thĂšme a suscitĂ© autant de dĂ©bat dans l’Eglise. Des discussions passionĂ©es eurent Ă©galement lieu aprĂšs le Concile Vatican II.
Le Synode des Ă©vĂȘques de 1971 se posa la question d’une adaptation de la forme actuelle du cĂ©libat sacerdotale. Le 94,97 % des 202 Ă©vĂȘques prĂ©sents, reprĂ©sentant alors toutes les rĂ©gions du monde dĂ©cida de voter la rĂ©ponse suivante : "Le cĂ©libat sacerdotal en vigueur dans l’Eglise latine sera intĂ©gralement conservĂ©e". La majoritĂ© des PĂšres prĂ©sents (55%) choisir alors la formule suivante : "restant sauf le droit du Souverain Pontife, l’ordination presbytĂ©rale d’hommes mariĂ©s n’est pas admise, mĂȘme dans des cas particuliers".
(44% des Ă©vĂȘques vota un autre texte : "il revient seulement au Pape, prenant en considĂ©ration le bien de l’Eglise universelle, de concĂ©der l’ordination d’hommes mariĂ©s dans des cas particuliers").
Le cĂ©libat fut aussi abordĂ© lors du Synode de 1990 sur la formation sacerdotale : beaucoup de PĂšre demandĂšrent alors que le cĂ©libat soit prĂ©sentĂ© comme un charisme, au lieu d’une discipline. "Le Synode, convaincu que le cĂ©libat est un charisme... ne veut laisser aucun doute quant Ă la ferme volontĂ© de l’Eglise de maintenir le cĂ©libat librement choisi et perpĂ©tuel pour les candidats Ă l’ordination sacerdotale dans le rite latin. Le Synode demande que le cĂ©libat soit prĂ©sentĂ© et expliquĂ© dans la plĂ©nitude de sa richesse biblique, thĂ©ologique et spirituelle comme un don... ".
Synode sur l’Ecuharistie : octobre 2005
L’Eglise pourrait-elle, pour faire face Ă la pĂ©nurie de prĂȘtres, ordonner des fidĂšles mariĂ©s ? Le rapporteur du synode, le cardinal Angelo Scola a prĂ©sentĂ© cette question, que certains se posent, au synode des Ă©vĂȘques rĂ©uni ce lundi pour sa premiĂšre session.
Le cardinal Scola a prĂ©cisĂ© que certains, « guidĂ©s par le principe âsalus animarum suprema lex’ [le salut des Ăąmes est la loi suprĂȘme, ndlr], avancent la requĂȘte que soient ordonnĂ©s des fidĂšles mariĂ©s, de foi et de vertu sĂ»res, les viri probati ».
« La demande est souvent accompagnĂ©e par la reconnaissance positive de la bontĂ© de la discipline sĂ©culaire du cĂ©libat sacerdotal, explique le cardinal Scola dans son « Rapport avant le dĂ©bat gĂ©nĂ©ral ».
Ces mĂȘmes personnes affirment toutefois, explique-t-il que « cette loi ne devrait pas empĂȘcher de doter l’Eglise d’un nombre adĂ©quat de ministres ordonnĂ©s, au cas oĂč la pĂ©nurie de candidats au sacerdoce cĂ©libataire atteindrait des proportions extrĂȘmement graves ».
Le patriarche de Venise estime qu’il « n’est pas nĂ©cessaire d’insister ici sur les raisons thĂ©ologiques profondes qui ont amenĂ© l’Eglise latine Ă unir l’attribution du sacerdoce ministĂ©riel au charisme du cĂ©libat ».
« Mais une question s’impose, affirme-t-il : ce choix et cette pratique sont-ils viables sur le plan pastoral mĂȘme dans des cas extrĂȘmes comme ceux que l’on vient de mentionner ? »
« Etant strictement liĂ© Ă l’Eucharistie, a expliquĂ© le cardinal Scola, le sacerdoce ordonnĂ© participe de sa nature de don et ne peut ĂȘtre l’objet d’un droit. S’il est un don, le sacerdoce ordonnĂ© doit ĂȘtre sans cesse demandĂ©. Il est alors trĂšs difficile d’Ă©tablir le nombre idĂ©al de prĂȘtres au sein de l’Eglise, puisqu’il ne s’agit pas d’une “entreprise” qui aurait besoin d’un certain nombre de “cadres” ! »
« Sur le plan pratique, l’urgence impĂ©rative du âsalus animarum’ pousse Ă rĂ©affirmer avec vigueur, surtout ici, la responsabilitĂ© que chaque Eglise particuliĂšre a, Ă l’Ă©gard de l’Eglise universelle, et par consĂ©quent Ă l’Ă©gard de toutes les autres Eglises particuliĂšres. Les propositions qui seront prĂ©sentĂ©es Ă cette AssemblĂ©e synodale en vue d’identifier les critĂšres pour une distribution plus adĂ©quate du clergĂ© dans le monde seront d’une grande utilitĂ©. A ce sujet, il semble que le chemin Ă accomplir soit encore long », a soulignĂ© le rapporteur du synode.
« Il convient peut-ĂȘtre de rappeler aussi que, au cours de l’histoire, la Providence a appuyĂ© la valeur prophĂ©tique et Ă©ducative du cĂ©libat, a conclu le cardinal Scola, en demandant entre autres une disponibilitĂ© spĂ©ciale pour le ministĂšre sacerdotal dans les diffĂ©rentes formes de vie consacrĂ©e, dans le respect de leur charisme et de leur histoire. On peut citer ici la pratique de l’ordination des moines dans les Eglises orientales ou dans la tradition bĂ©nĂ©dictine ».
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