Message de Mgr Theurillat pour la préparation des JMJ 2008
lundi 29 octobre 2007
"Le défi majeur est la préparation spirituelle" disait le cardinal George Pell, archevêque de Sydney. Voici un nouvel instrument pour cette préparation, le message de notre évêque des jeunes.

Vol en planeur en mai 2005 ( Mgr Denis et Abbé Paul Frochaux )
Chers jeunes,
Il y a des messages que nous recevons et qui nous font du bien. Cela est vrai dans n’importe quel domaine. Cela est donc vrai aussi dans le domaine de la vie de l’Eglise. Ils nous font du bien, car ils nous enrichissent et nous encouragent, ils nous motivent et nous enthousiasment.
Parmi les messages reçus du Pape Benoît XVI, au long de cet été, il en est un qui a particulièrement retenu mon attention : le message adressé aux jeunes, à l’occasion de la Journée Mondiale de la Jeunesse (JMJ), qui sera célébrée en juillet 2008, à Sydney.
C’est un message merveilleux, - pour reprendre une expression que j’aime bien - car il donne envie, vraiment, d’être témoin. Il donne envie, c’est sûr, d’écouter la Parole de Dieu, qui est libératrice, mais aussi de la transmettre plus loin, évidemment déjà là , où nous vivons chaque jour.
C’est là une partie centrale du message du Pape Benoît XVI, qu’il enrichit d’une dimension importante dans la vie de notre foi : la présence de l’Esprit-Saint. A cette présence, j’y reviendrai bientôt.
Revenons d’abord au témoignage. La JMJ, depuis le début de son histoire, nous fait de plus en plus prendre conscience, que nous n’avons pas à rester passifs dans la vie de notre foi, dans le sens où nous n’avons pas à être uniquement des consommateurs de la Parole de Dieu. Au contraire, avec cette Parole, nous devons faire quelque chose. Naturellement, la JMJ consiste à nous rendre à un endroit où les jeunes du monde sont invités à se retrouver : endroit choisi, chaque fois, par le pape. Elle consiste dans le fait de vivre la fraternité et l’amitié avec les jeunes du monde. Elle nous révèle qu’il faut célébrer Dieu et être à son écoute. Mais il nous faut aller plus loin : Elle nous révèle qu’ il faut s’engager, c’est-à -dire qu’il faut faire quelque chose. Il faut porter témoignage.
Le Témoignage
Mais, voilà , à partir de quel moment pouvons-nous parler de témoignage ?
Le tĂ©moignage naĂ®t ou commence de naĂ®tre et de grandir au moment oĂą la Parole de Dieu, que nous entendons si souvent ou que nous pouvons entendre si souvent, commence Ă nous travailler, donc commence Ă nous façonner et Ă nous transformer. Cette Parole de Dieu nous transforme et l’un des rĂ©sultats de cette transformation consiste alors dans ce fait que nous ne pouvons plus nous taire et que nous ne pouvons plus rester assis. Il faut se lever, pour reprendre un slogan que nous ne pouvons plus oublier : « lève-toi ». Vous vous rappelez, n’est-ce pas, du rassemblement national des jeunes Ă Berne, les 5 et 6 juin 2004 avec la visite du Pape Jean-Paul II.
C’est alors absolument motivant que le pape Benoît XVI, en ayant choisi un tel thème pour la JMJ de Sydney, nous demande d’être ou de devenir toujours plus des témoins, donc des missionnaires au sens fort de ce mot. Il s’agit de parler au nom d’un autre, c’est-à -dire, il s’agit de parler au nom de l’Autre. Il s’agit d’annoncer cet Autre et, si possible de L’imiter dans ses actes et ses paroles.
Nouvelle PentecĂ´te
Dans son message, le pape parle d’une nouvelle PentecĂ´te. Pour vivre une nouvelle PentecĂ´te, il faut nĂ©cessairement qu’une Personne nous prĂ©cède et qu’elle nous Ă©claire le chemin. Nous pouvons directement aller jusqu’au bout de la rĂ©flexion : Il faut que nous nous laissions habiter par cette Personne. Revenons alors maintenant Ă cette PrĂ©sence. Cette Personne, nous en connaissons le nom : L’Esprit-Saint. J’aime bien cette rĂ©flexion du pape, qui Ă©crit : « Il ne suffit pas de connaĂ®tre le Saint-Esprit, il faut l’accueillir comme le guide de nos âmes, comme le MaĂ®tre intĂ©rieur, qui nous introduit dans le Mystère Trinitaire, parce que Lui seul peut nous ouvrir Ă la foi et nous permettre d’en vivre chaque jour en plĂ©nitude. »
Mais voilĂ : Comment accueillir l’Esprit-Saint en nous ? Le pape nous invite Ă le faire en nous rappelant l’importance des sacrements, particulièrement des sacrements d’initiation. Il nous exhorte, par exemple, Ă dĂ©couvrir toute la signification du baptĂŞme et de la confirmation. Il dit : « Que celui qui a reçu les sacrements du BaptĂŞme et de la Confirmation se souvienne qu’il est devenu » Temple de l’Esprit. « Dieu habite en lui. » Il ajoutera presque aussitĂ´t : « Pour croĂ®tre dans la vie chrĂ©tienne, il est nĂ©cessaire de se nourrir du Corps et du Sang du Christ : en effet nous sommes baptisĂ©s et confirmĂ©s en vue de l’eucharistie. Chaque fois que nous cĂ©lĂ©brons la Messe, nous recevons l’Esprit-Saint, qui nous unit plus profondĂ©ment au Christ et qui nous transforme en lui. » Très souvent, vous le savez bien, je cĂ©lèbre la confirmation dans les paroisses du diocèse de Bâle, dans lequel je me trouve. Chaque confirmation demeure un Ă©vĂ©nement, car je suis, Ă chaque fois, impressionnĂ© par ces paroles que je prononce lors de l’onction avec le saint-chrĂŞme : « Sois marquĂ©-e par l’Esprit-Saint, qui est le don de Dieu. » Je lie toujours cette Parole Ă ce moment oĂą JĂ©sus, le RessuscitĂ©, apparaĂ®t Ă ses disciples et leur dit : « La paix soit avec vous. » Et puis un peu plus loin : « Recevez l’Esprit-Saint. »
L’Esprit Saint : une Personne
De plus en plus, dans la vie de ma foi, je découvre combien l’Esprit-Saint n’est pas une idée ou un concept ou encore quelque chose de diffus ou de vague. Je découvre de plus en plus combien l’Esprit-Saint est quelqu’un, une Personne, la troisième personne de la Trinité-Sainte.
Alors vous comprenez, chers jeunes, pourquoi ce Souffle de Dieu est absolument indispensable et, je dirai, dès le départ de notre travail de témoins. Sans ce souffle, nous nous essoufflerions. Sans lui, pouvons-nous dire, nous n’aurions pas de souffle. Nous nous étoufferions et nous mourrions. Avec lui, nous nous oxygénons toujours plus et nous vivons de plus en plus intensément !
Alors, chers jeunes,
Sydney 2008. C’est un lieu bien sûr. Mais ce lieu résonne aussi comme un message à recevoir. Il nous reste quelques mois, pour nous préparer à ce grand événement de la JMJ. Chaque fois que le Seigneur nous invite au rassemblement et nous voit rassemblés, nous pouvons parler d’une nouvelle Pentecôte. Quelques mois après le rassemblement européen de Taizé à Genève, qui sera aussi une nouvelle Pentecôte, je crois aussi à cette nouvelle Pentecôte à Sydney et dans le monde entier.
Rassemblons-nous et préparons-nous à célébrer et à faire fructifier cet événement.
En effet, que nous ayons décidé de partir pour Sydney ou pas, tissons ou continuons de tisser des liens entre nous, qui feront qu’ensemble, nous serons les témoins du Christ vivant et de son Eglise. Alors oui ! Quelle contribution pour un monde en recherche de paix et d’unité ! Ce défi en vaut vraiment la peine.
Soleure, le 15 août 2007
+Denis Theurillat
EvĂŞque des jeunes
Pour en savoir plus :www.jmj.ch