
Nicolas Glasson, vous ĂȘtes depuis le 1er septembre le nouveau supĂ©rieur du SĂ©minaire diocĂ©sain de Lausanne, GenĂšve et Fribourg. Que ressentez-vous, comment se prĂ©sente votre futur service ?
Je commence Ă ressentir le poids de cette nouvelle charge. Former les futurs prĂȘtres de notre diocĂšse est une grande responsabilitĂ©. Il faudra essayer d’ĂȘtre Ă la hauteur. De plus, pour diffĂ©rentes raisons, notre SĂ©minaire vit des heures difficiles. Rien qu’au niveau des effectifs nous n’avons sans doute jamais Ă©tĂ© aussi bas dans l’histoire de notre diocĂšse. Ces difficultĂ©s m’amĂšnent, avec l’Ă©quipe des responsables, Ă poser la question du recrutement des vocations et celle d’un renouvellement de la formation Ă proposer dans notre maison. Au-delĂ de ce constat humain, je suis rempli d’espĂ©rance et j’ai envie de chanter avec le prophĂšte Habaquq : "le figuier n’a pas fleuri ; pas de rĂ©colte dans les vignes. Le fruit de l’olivier a déçu ; dans les champs, plus de nourrriture. L’enclos s’est vidĂ© de ses brebis, et l’Ă©table de son bĂ©tail. Et moi, je bondis de joie dans le Seigneur, j’exulte en Dieu, mon Sauveur ! Le Seigneur mon Dieu est ma force".
Que pensez-vous justement proposer pour la formation des prĂȘtres ?
Durant l’annĂ©e Ă©coulĂ©e, j’ai eu la chance de suivre les cours de l’Institut de Formation pour Educateurs de ClergĂ© mis en place par les Ă©vĂȘques de France, Ă Paris. En plus du contenu de ces cours qui m’ont prĂ©parĂ© Ă ma nouvelle tĂąche, cette formation fut l’occasion de crĂ©er des contacts avec des responsables de SĂ©minaires de France. J’ai pu bĂ©nĂ©ficier ainsi d’Ă©changes d’expĂ©riences ; j’ai pu aussi visiter plusieurs SĂ©minaires français et m’entretenir avec leurs responsables.
Pour les annĂ©es Ă venir, je vais mettre une prioritĂ© dans le domaine de la formation humaine, notamment en mettant l’accent sur la vie communautaire.
Je prépare aussi une formation proprement presbytérale qui sera donnée au Séminaire en marge des cours universitaires. De plus, je pense intensifier la vie de priÚre commune dans notre maison.
Vous achevez actuellement la rĂ©daction d’une thĂšse de doctorat sur la thĂ©ologie de cardinal Journet. En quoi cette Ă©tude vous aide-t-elle dans cette nouvelle fonction ?

Un tel travail de recherche permet tout d’abord de structurer sa pensĂ©e, ce qui ne fait pas de mal en l’occurence. Je peux dire aussi qu’Ă travers ce travail, et grĂące Ă la thĂ©ologie de Charles Journet, je saisis plus profondĂ©ment l’unitĂ© entre l’Ă©tude thĂ©ologique et la vie spirituelle. Cela me sera d’une grande aide dans mon nouveau ministĂšre de formation.
Que diriez-vous Ă un jeune qui se pose la question de la vocation sacerdotale dans notre diocĂšse ?
Dans tous les cas, je conseillerais Ă ce jeune de discerner sa vocation sacerdotale en Ă©tant accompagnĂ© par un prĂȘtre. Dans les circonstances actuelles, il est difficile pour nos jeunes de rĂ©pondre Ă l’appel du Seigneur, et de choisir la voie de la prĂȘtrise. L’aide d’un prĂȘtre est trĂšs utile, voire indispensable. Je conseillerais aussi Ă ce jeune de soigner sa vie de priĂšre et sa vie sacramentelle. Je l’inviterais aussi Ă bĂ©nĂ©ficier des diffĂ©rents services qui sont Ă sa disposition, notamment avec le Centre Romand des Vocations et les week-ends de discernement que nous organisons ensemble. Enfin j’encouragerais ce jeune Ă prendre contact avec moi... cela n’engage Ă rien !
Pensez-vous qu’un jeune puisse facilement s’identifier Ă la vocation sacerdotale ? L’image du prĂȘtre aujourd’hui est-elle parlante et attirante ?
Il y a de nombreux prĂȘtres qui se donnent gĂ©nĂ©reusement Ă leur ministĂšre, mais il est vrai que les jeunes ne le perçoivent pas forcĂ©ment. La question de l’identitĂ© et de la spiritualitĂ© du prĂȘtre diocĂ©sain dans les circonstances difficiles de la vie de l’Eglise aujourd’hui mĂ©rite d’ĂȘtre approndie. Un groupe de prĂȘtres, d’Ă©tudiants et de fidĂšles laĂŻcs y travaillent dans le cadre d’un sĂ©minaire universitaire Ă la facultĂ© de l’Uni de Fribourg sous la direction du PĂšre BenoĂźt Dominique de La Soujeole. Les rĂ©sultats de leur recherche seront prĂ©sentĂ©s dans un colloque qui aura lieu au dĂ©but de l’Ă©tĂ© 2008 dans notre SĂ©minaire diocĂ©sain. VoilĂ qui ne peut que me rĂ©jouir et enthousiasmer la formation au SĂ©minaire de Fribourg !
Propos receuillis par Dominique Rimaz