En pélerinage à Rome, le célèbre curé des loubards a rencontré le successeur de Pierre
... et les gardes suisses !

Interview
Guy, quelle est la raison de cette visite ?
Un ami suisse, Daniel, m’a promis de rencontrer le Pape BenoĂ®t. Après un camp de ski, je suis venu avec grande joie Ă Rome. En fait, je suis venu rencontrer les gardes suisses ! J’avais aussi un rĂŞve de gamin, visiter les jardins du Vatican. J’imaginais ce pauvre Pape, prisonnier du Vatican, se ballader dans des superbes jardins. Un rĂŞve de gosse !
Mercredi matin, j’ai cĂ©lĂ©brĂ© la messe Ă la chapelle des polonais dans les grottes, lĂ oĂą Jean-Paul a cĂ©lĂ©brĂ© aussi. J’ai Ă©tĂ© ensuite m’agenouillĂ© sur sa tombe pour prier.
Parler avec le vice-commandant Jean-Daniel, le nouveau chapelain suisse Alain et les jeunes gardes fut un vrai bonheur. Votre Suisse est un pays vraiment génial !
Vos impressions de cette rencontre avec Benoît XVI ?
La personne mĂŞme du Pape m’est indiffĂ©rente. Par contre, entrevoir en lui le successeur de Pierre, ça c’est boulversant ! J’ai pu parler avec lui et voir la lumière dans ses yeux !
En fait, je me suis senti comme un petit enfant avec son Père.
Vos propos ?
Quand j’ai rappelĂ© sa visite de la MosquĂ©e Bleue en Turquie, qu’il avait fait vraiment fort !, je l’ai vu s’animer, se rĂ©jouir ! Je lui ai parlĂ© d’un jeune musulman chez moi qui est restĂ© totalement boulversĂ© par sa visite Ă la MosquĂ©e. Formidable ! Prodigieux ! Je lui ai racontĂ© ma mission, parlĂ© de mes jeunes. A la fin, J’ai pu lui remettre mon dernier livre : "Et si je me confessais".
Puis j’ai reçu un chapelet par son sercĂ©taire. Je lui ai dit : "eh, George, pour mes jeunes !!". J’en ai eu cinq d’un coup !
La dernière JMJ de Cologne fut un moment grandiose pour les jeunes, avec Benoît ! Pour rien au monde je ne manquerai celle de Sydney en 2008.
Que dire pour les vocations au sacerdoce en Suisse ?
Que chaque famille prie Ă genoux tous les soirs pour que le Seigneur envoie des ouvriers Ă sa moisson. JĂ©sus nous a donnĂ© aucunes autres indications pour les vocations. Ce n’est pas en crĂ©ant des commissions de vocations qu’elles vont naĂ®tre. Le Pape Jean-Paul, parlant très peu Ă la fin de sa vie, a dit un jour Ă un Ă©vĂŞque qui se demandait que faire pour les vocations : " la famille, la famille, la famille ! "
Je prie pour que des jeunes entendent l’appel du Christ pour que l’amour descende Ă travers nos mains nus dans tous les clochers de Suisse.
Tu sais, pour moi, j’ai reçu un gros coup de pied au cul dans mon sacerdoce par les JMJ. Depuis 1989, Ă Saint Jacques de Compostelle, j’ai pris un vrai bol d’air ! Tous ces jeunes du monde entier. Cela m’a sorti de mes shĂ©mas, de mes habitudes, de ma routine... Cela m’a bousculĂ©.
Durant mes 60 ans avec l’Eglise, j’ai vu des cĂ´tĂ©s dĂ©geulasses, des ombres, mais faut pas en rester lĂ ; elle a un cĂ´tĂ© lumineux ! J’aime l’Eglise ! Je l’ai dit aux jeunes gardes.
Propos recueillis par Dominique Rimaz ; Rome, le 18 janvier 2007
Dernier livre ( sur les 23 !!! ) : "Et si je me confessais" ( Stock )

Site : www.guygilbert