L’urgence de la fraternité et l’amitié sociale

L’urgence de la fraternité et l’amitié sociale

L’encyclique du Pape François « Fratelli tutti » offre une humble réflexion sur les valeurs à partir desquelles construire une société humaine digne de ce nom. Le Pape dit : Je me suis particulièrement senti encouragé par le Grand Iman Ahmad Al-Tayyeb que j’ai rencontré à Abou Dhabi pour rappeler que Dieu « a créé tous les êtres humains égaux en droits, en devoirs et en dignité, et les a appelés à coexister comme des frères entre eux ». (No 5) Je livre cette encyclique sociale comme une modeste contribution à la réflexion pour que, face aux manières diverses et actuelles d’éliminer ou d’ignorer les autres, nous soyons capables de réagir par un nouveau rêve de fraternité et d’amitié sociale qui ne se cantonne pas aux mots. (No 6) »

Nous avons souligné les mots « un nouveau rêve de fraternité et d’amitié sociale » car le pape nous y encourage de tout son cœur. La société actuelle est en perte de valeurs et sans une conscience renouvelée dans la direction d’une valorisation de chaque personne, de chaque culture, de chaque pays… nous ne pouvons arriver à une société heureuse. Au contraire, nous tendons vers l’exacerbation des conflits, des tensions et des violences.

La mise en garde du Pape est importante : De nouvelles barrières sont créées pour l’auto-préservation, de sorte que le monde cesse d’exister et que seul existe ‘‘mon’’ monde, au point que beaucoup de personnes cessent d’être considérées comme des êtres humains ayant une dignité inaliénable et deviennent seulement ‘‘eux’’. Réapparaît « la tentation de créer une culture de murs, d’élever des murs, des murs dans le cœur, des murs érigés sur la terre pour éviter cette rencontre avec d’autres cultures, avec d’autres personnes. Et quiconque élève un mur, quiconque construit un mur, finira par être un esclave dans les murs qu’il a construits, privé d’horizons. Il lui manque, en effet, l’altérité ». (No 27)

Le texte nous présente la parabole du Bon Samaritain. Elle nous montre par quelles initiatives une communauté peut être reconstruite grâce à des hommes et des femmes qui s’approprient la fragilité des autres, qui ne permettent pas qu’émerge une société d’exclusion mais qui se font proches et relèvent puis réhabilitent celui qui est à terre, pour que le bien soit commun. (No 67)

On aime vraiment l’autre quand on l’aime comme si c’était notre mère, notre père, notre frère… Et le pape de s’exclamer : Ça oui c’est être famille ! Si nous pouvions réussir à voir l’adversaire politique ou le voisin de maison du même œil que nos enfants, nos épouses, époux, nos pères ou nos mères, que ce serait bien ! Aimons-nous notre société ou bien continue-t-elle d’être quelque chose de lointain, quelque chose d’anonyme, qui ne nous implique pas, que nous ne portons en nous, qui ne nous engage pas ? (No 230)

C’est une encyclique un peu difficile à lire mais urgente ! Je retiens : la dignité égale de toutes les personnes ; les richesses et les biens de la terre pour tous ; ne pas avoir peur de rencontrer l’autre différent ; la valeur de la politique sur l’économie ; construire la fraternité humaine. Merci au pape pour ce souci humanitaire global ! Rêvons avec lui et construisons !

Prions avec le pape et toute l’humanité avec l’une des prières qui conclue l’encyclique :

Prière au Créateur

Seigneur et Père de l’humanité,
toi qui as créé tous les êtres humains avec la même dignité,
insuffle en nos cœurs un esprit fraternel.
Inspire-nous un rêve de rencontre, de dialogue, de justice et de paix.
Aide-nous à créer des sociétés plus saines
et un monde plus digne,
sans faim, sans pauvreté, sans violence, sans guerres.

Que notre cœur s’ouvre
à tous les peuples et nations de la terre,
pour reconnaître le bien et la beauté
que tu as semés en chacun
pour forger des liens d’unité, des projets communs,
des espérances partagées. Amen !

Sr Gabriela