Parmi les cinq cents participants de ce rassemblement organisĂ© par les Ă©quipes valaisannes des vocations, beaucoup d’enfants de 10 Ă 16 ans ont vĂ©cu cet Ă©tĂ© un " camp vocations ". ArrivĂ©s samedi en dĂ©but d’après-midi, ils ont plantĂ© leur tentes sur la plaine de VĂ©rolliez, au lieu mĂŞme du martyr de saint Maurice et de ses compagnons.
Guy Gilbert a ouvert les feux de ce week-end en demandant Ă Mgr Norbert Brunner, Ă©vĂŞque de Sion et Mgr Henri Salina, Ă©vĂŞque et abbĂ© de Saint-Maurice, de venir Ă cĂ´tĂ© de lui : " Vous voyez, on n’a pas la mĂŞme gueule, mais c’est la mĂŞme Église. Et je vous demande d’applaudir cette Église ! ". Sous un magnifique soleil, le " prĂŞtre des loubards " a parlĂ© de sa propre vocation, de son entrĂ©e au petit sĂ©minaire Ă 13 ans, avant de lancer aux jeunes et aux enfants : " Eh, les mĂ´mes, vous avez tous des dons ; alors bĂ»chez-les ! Et puis, ayez des rĂŞves. Il y en aura un, au moins, que vous rĂ©aliserez. C’est ça votre vocation ! J’en ai marre d’entendre des jeunes me dire qu’ils font l’Ecole du commerce, pour gagner des dollars, alors qu’enfants ils rĂŞvaient d’ĂŞtre mĂ©decins ou Ă©ducateurs. Ne gaspillez pas ton rĂŞve, mais vivez-le ! "
Après un goûter bienvenu, les participants ont formé des groupes de 25-30 pour une " ronde des vocations ". Dans la grande prairie, 18 petites équipes représentatives de toutes les vocations les attendaient pour un échange amical.
Le soir, la grande salle du collège de Saint-Maurice accueillait la première reprĂ©sentation de " Aime et fais ce que tu veux ". Cela faisait deux ans qu’une trentaine de jeunes amateurs de toute la Suisse-Romande prĂ©paraient ce spectacle inspirĂ© par la vie de saint Augustin. Ils en ont eux-mĂŞmes composĂ© les textes, les danses, les chants et la musique.
Retour Ă VĂ©rolliez avec une marche aux flambeaux. Un gigantesque feu de camp et une veillĂ©e animĂ©e par la communautĂ© voisine d’Eucharistein attendaient les jeunes qui n’ont pas beaucoup dormi cette nuit-lĂ ...
Le dimanche, de nombreuses familles ont rejoint les jeunes pour une messe animĂ©e par diffĂ©rents chĹ“urs de jeunes et prĂ©sidĂ©e par les deux Ă©vĂŞques. Moment d’Ă©motion quand Guy Gilbert nous a invitĂ© de demander pardon au Seigneur pour les rĂŞves qu’on ne rĂ©alise pas, pour la vie bafouĂ©e dans ses deux extrĂ©mitĂ©s les plus fragiles, l’enfant Ă naĂ®tre et le vieillard, et pour l’Église mĂ©prisĂ©e par ceux mĂŞmes qui en font partie. Dans son homĂ©lie, Mgr Salina a fait le lien entre le jeune Samuel et les enfants d’aujourd’hui : " 12 ans, c’est un bel âge pour se demander ce que nous ferons de notre vie, et ce que le Seigneur attend de nous. "
L’après-midi, Guy Gilbert s’est adressĂ© aux parents en insistant sur le rĂ´le de la famille dans l’Ă©closion d’une vocation. Troisième d’une famille de quinze enfants, il parle avec Ă©motion de ses parents : " C’qu’on a Ă©tĂ© aimĂ© ! Ce sont les yeux de mes vieux dans lesquels se reflĂ©tait l’amour qui me donnent la force aujourd’hui. " Mais aimer, cela prend du temps. La plupart des jeunes dĂ©linquants qu’il recueille dans la rue n’ont pas trouvĂ© cet amour indispensable dans leur famille. En partant, Guy Gilbert nous confiait qu’il allait passer deux jours dans un monastère, dans le silence et la prière. Il le fait tous les dix jours. C’est son " secret " qui lui permet de tenir le coup. Prier, ce n’est pas compliquĂ©. " Si tu ne sais pas comment faire, tu n’as qu’Ă lui dire simplement : Je t’aime ! ".
Les enfants ont ensuite mimĂ© le martyr de saint Maurice et de ses compagnons sur cette terre d’Agaune, mime qu’ils avaient prĂ©parĂ© pendant la confĂ©rence.
Et pour terminer ce riche week-end, Mgr Brunner a ouvert officiellement l’annĂ©e des vocations : Dieu appelle, un peu comme des personnes qui l’appellent sur son natel, mais sans que leur numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone ne s’affiche sur l’Ă©cran. Alors, il sait que quelqu’un a appelĂ©, mais il ne sait pas qui. Le Seigneur nous appelle, parfois par les gestes et les paroles de nos proches. Mais comme Samuel, on ne le sait pas forcĂ©ment. Avons-nous un Elie Ă nos cĂ´tĂ©s qui peut nous rendre attentif Ă l’appel du Seigneur ? Et puis, sommes-nous prĂŞts Ă rĂ©pondre comme Samuel : " Parle, Seigneur, ton serviteur Ă©coute ", et Ă suivre l’appel du Seigneur ? VoilĂ les questions que nous voulons nous poser pendant cette annĂ©e des vocations.
Abbé Pascal Desthieux, Centre Romand des Vocations