Edito

Lors de chaque JMJ ont lieu des catéchèses données par des évêques : après un moment de louange, l’évêque donne un enseignement suivi d’un temps de questions ; la rencontre se termine par la célébration de l’Eucharistie présidée par l’évêque. Ces catéchèses furent l’occasion pour une partie des suisses (...)

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Découvrir notre Pape Benoît XVI
mardi 2 août 2005.

Crise des vocations en Europe ; nouvelle génération ; Le Pape s’est adressée à l’évêque et au clergé d’Aoste le 25 juillet 2005.

Le premier point est un problème qui se pose à l’ensemble du monde occidental : le manque de vocations. J’ai reçu, ces dernières semaines, les visites « ad limina » des évêques du Sri Lanka et de la région du Sud de l’Afrique. Là-bas les vocations augmentent, elle sont mêmes si nombreuses qu’ils ne réussissent pas à construire assez de séminaires pour accueillir tous ces jeunes qui veulent devenir prêtres. Naturellement cette joie est également accompagnée d’une certaine amertume, car certains viennent dans l’espérance d’une promotion sociale. En devenant prêtres, ils deviennent presque les chefs de la tribu, ils sont naturellement privilégiés, ils ont une autre forme de vie, etc. L’ivraie et le bon grain vont donc de pair dans cette belle croissance des vocations et les évêques doivent être très attentifs dans le discernement et ne pas être simplement contents d’avoir de nombreux futurs prêtres, mais voir quelles sont réellement les vraies vocations, discerner le bon grain de l’ivraie.

Il y a toutefois un certain enthousiasme de la foi, car ils se trouvent à une heure cruciale de l’histoire, c’est-à-dire à un moment où les religions traditionnelles se révèlent ouvertement insuffisantes... Il y a par conséquent dans ces pays, en un certain sens, un printemps de la foi...

La situation dans le monde occidental est différente, car il s’agit d’un monde las de sa propre culture, un monde arrivé à un moment où la nécessité de Dieu n’apparaît plus de façon évidente, encore moins du Christ, et dans lequel il semble donc que l’homme lui-même pourrait se construire seul. Dans ce climat d’un rationalisme qui se ferme sur lui-même, qui considère le modèle de la science comme l’unique modèle de connaissance, tout le reste est subjectif. La vie chrétienne devient elle aussi naturellement un choix subjectif, donc arbitraire et elle n’est plus le chemin de la vie. Il devient donc évidemment difficile de croire, et s’il est difficile de croire, il est d’autant plus difficile d’offrir sa vie au Seigneur pour être son serviteur.

Il s’agit certainement d’une souffrance qui appartient à notre époque historique, dans laquelle on voit généralement que ce qu’on appelle les grandes Eglises sont comme mourantes. C’est le cas en Australie notamment, même en Europe, un peu moins aux Etats-Unis...

Je pense qu’il n’existe pas de système pour un changement rapide. Nous devons avancer, sortir de cette galerie, de ce tunnel, avec patience, dans la certitude que le Christ est la réponse et qu’à la fin sa lumière réapparaîtra...

Nous le voyons dans la nouvelle génération qui a suivi la grande crise de cette lutte culturelle déchaînée qui eut lieu en 1968, alors que l’ère historique du christianisme semblait réellement dépassée. Nous voyons que les promesses de 68 n’ont pas tenu et que renaît, disons, la conscience qu’il existe une autre voie plus complexe, exigeant les transformations de notre cÅ“ur, mais plus vraie ; c’est ainsi que naissent également de nouvelles vocations. Nous devons nous-mêmes avoir de l’imagination pour aider les jeunes à trouver cette route, également à l’avenir...

Il est donc important d’avoir autour de soi la réalité du presbyterium, de la communauté de prêtres qui s’aident, qui marchent ensemble sur un chemin commun, dans une solidarité dans la foi commune. Cela aussi me semble important, car si les jeunes voient des prêtres très isolés, tristes, fatigués, ils se disent que si c’est cela leur avenir, ils n’y arriveront pas. On doit réellement créer cette communion de vie qui montre aux jeunes que cela peut être un avenir également pour eux, que l’on peut vivre ainsi...


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