Edito

Lors de chaque JMJ ont lieu des catĂ©chèses donnĂ©es par des Ă©vĂŞques : après un moment de louange, l’évĂŞque donne un enseignement suivi d’un temps de questions ; la rencontre se termine par la cĂ©lĂ©bration de l’Eucharistie prĂ©sidĂ©e par l’évĂŞque. Ces catĂ©chèses furent l’occasion pour une partie des suisses (...)

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Los Angeles

C’est vrai qu’il y a des anges...
samedi 26 janvier 2008.

Après avoir reçu l’oscar de la meilleure actrice pour son rĂ´le dans "La MĂ´me", Marion Cottillard a eu une très belle phrase : "c’est vrai qu’il y a des anges qui veillent sur cette ville". C’est une vĂ©ritĂ© bien catholique, très culturelle aussi, et surtout utile pour la vie de nous tous, et tous les jours. Sainte ThĂ©rèse de l’enfant JĂ©sus, les Anges, Marion qui tire son nom de la Vierge Marie, ou Piaf.... nous montre que le fossĂ© entre la foi et la culture n’est peut-ĂŞtre pas si grand que nous voulions bien le croire. Avec la poĂ©sie et la prose qu’on lui connaĂ®t Pascal DĂ©caillet nous partage sa chronique sur l’Ă©vĂ©nement.

La MĂ´me, les Anges

Édito Lausanne FM – Lundi 25.02.08 – 07.50h

Il paraît qu’elle a pleuré, cette nuit, à Los Angeles. Il paraît qu’elle a invoqué les anges. Edith Piaf, peut-être, aurait invoqué Thérèse, la sainte de son enfance, lorsqu’elle avait perdu la vue. Mario Cotillard, vers 4 heures du matin, heure suisse, a décroché l’Oscar. Première actrice française depuis 48 ans. Depuis Simone Signoret, en 1960. Et cette consécration de la Môme est totalement méritée. Marion Cotillard, dans ce film, n’incarne pas Edith Piaf. Elle ne joue pas Edith Piaf. Elle ne mime pas Edith Piaf. Elle est Edith Piaf.

Au point qu’en regardant le film, on ne se dit pas : « C’est Cotillard », mais « C’est Piaf ». Oui, c’est elle, c’est la MĂ´me ! Oui, dans ce cas-lĂ , le jeu de l’actrice dĂ©passe l’incarnation : elle ne reprend pas la seule chair du personnage, elle s’empare de son âme, de son souffle. Et d’ailleurs, il n’y a plus de jeu, plus d’actrice, il y a identification, dans le sens le plus puissant du terme. Marion Cotillard, dans ce rĂ´le-lĂ , est Ă©poustouflante. C’est le rĂ´le de sa vie, ce qui va, pour le meilleur et pour le pire, lui coller Ă  la peau pendant des annĂ©es.

Rien de plus dur, pour un acteur, que d’incarner un personnage rĂ©el. Piaf est morte en 63, j’avais cinq ans, c’était hier. Surtout, cette chanteuse d’exception laisse derrière elle du son, de la lumière, des tonnes de pellicule oĂą on la voit parler et chanter. LĂ , normalement, l’actrice se dit qu’elle va jouer dĂ©calĂ©, puisque, de toute manière, elle ne rivalisera pas. Et Marion Cotillard, prenant le risque suprĂŞme, jetant tout dans la balance, a choisi l’identification. Elle a elle a rĂ©ussi son pari, au-delĂ  de toute espĂ©rance. Parce que c’est Piaf, mais aussi parce que c’est Cotillard. « Parce que c’était lui, parce que c’était moi », disait Montaigne. C’est du miracle, c’est une fois par gĂ©nĂ©ration.

Alors, cette nuit, dans la CitĂ© des Anges, elle a versĂ© quelques larmes. A-t-elle pensĂ© Ă  ThĂ©rèse ? A-t-elle pensĂ© Ă  Marcel ? A-t-elle pensĂ© Ă  ces avions sans retour qui cassent les vies, et remettent en jeu les destins ? Puisse le monde entier voir « La MĂ´me ». Voir cette femme se prenant pour une autre femme. Ou nous faisant croire qu’elle se prend pour elle. Ou ne le sachant mĂŞme pas elle-mĂŞme. Bravo, la MĂ´me. Bravo, Edith. Bravo, Marion.


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